J’ai passé une partie du week-end aux rayonnages de ma bibliothèque, à sortir un ouvrage, en reposer un autre. Constatant comme ce que l’on a de familier peut s’estomper rapidement lorsque d’autres choses nous absorbent. Il me fallait revenir aux images, y associer les noms, rafraîchir en moi les problématiques de chacun, ses éléments de vocabulaire, les signes qui les distinguent, le contexte.
Quelque chose quelque part dans nos vies comme une persistance rétinienne qui tandis qu’elle comble un peu de vide figeant à notre attention nos objets, occulte un instant le réel se mouvant à l’arrière.
photo:
Fabien Giraud et Raphël Siboni, d’après M. Mangetou, personnalité du Livre des records pour avoir mangé avions, voitures et ordinateurs (Michel Lolito de son vrai nom) commissariat de Pierre Joseph, mac Lyon, biennale 2007.
Pour rendre moins désordonné mon appartement de Zürich, j’ai fait des cartons contenant les livres que j’acheta pendant les 3 mois passés à Frankfurt a.Main, avant l’été. Ces cartons sont pour l’instant dans un container sur les mers, entre l’Europe et Singapore. Drôle destin que celui des livres… Pour l’instant je lis le livre de Pierre Assouline sur une baronne de Rothschild, Le Portrait, en fait un roman sur l’esprit qui peut régner chez les mondains. Bizarre le destin des liseurs, on peut lire dans le désert La Recherche du t.p. ou dans dans le Marais, les récits d’un globe trotter. Ce que je ne suis pas, je n’ai pas tellement l’impression de voyager, bien que question nourriture des yeux, l’Asie soit un paradis de contradictions. Un artiste en définitive ne fait que poser sa tente ailleurs, l’intérieur étant égale à lui-même: Vampiriser les imgages pour en fixer les couleurs. Le regard artistique c’est prendre une image pour la détourner, je ne vois rien d’exotique dans un marché Indien, seules des formes et des couleurs. Le marché Forville est aussi exotique que le wet market de Little India. Seul un livfre, peut-être, ne ressemble pas à un autre livre.
voyager ne mène jamais ailleurs, celui qui cherche un exotisme sera sans doute toujours déçu tant il s’agit toujours à l’image de L’Iliade de revenir avec sois même. le livre ne me semble parfois pas agir autrement. pourrait-on même parler ici d’exhausteur de gout.