correspondances

Cher Clo,

Mon blog, expérience littéraire et journal régulier donne une idée, au jour le jour, de ce tumulte dans lequel on est pris lorsqu’on s’engage comme moi dans des activités multiples, complémentaires et très prenantes. Si tant est que l’art n’y aurait pas suffit, à me ballotter entre contre courants. Je dois avouer m’y perdre moi-même un peu parfois dans cet enchevêtrement. Quelques projets ou préoccupations traversent tout ça tandis que des événements plus ponctuels viennent surgir sur le fil, l’emmêler un peu et font que je suis toujours occupé à plusieurs choses à la fois difficiles à énumérer. Source de bien des mal entendus sur l’art, l’artiste semblant constamment papillonner, sans activité précise, dans une, parfois agitée, fantaisiste et comme fictive occupation.

Pour autant, je peux essayer de résumer mes activités en quelques grosses pièces qui, bout à bout ou parfois l’une sur l’autre, inventent le drôle de tissus dans lequel je me débats :

Tout d’abord, le travail en université avec ses cours, ses examens, ses lectures et l’aboutissement que sont les concours (et ici il faudrait déjà tout diviser en deux puisqu’il y a les inscriptions, les cours, les programmes et les lectures distinctes du capes et de l’agrégation.) Agrégation qui effectivement assurera de manière opportune la matérielle dans ma vie chaotique.

A ceci s’ajoute mon travail personnel de création artistique, les heures passées dans mon atelier, les lectures et réflexions qui l’accompagnent. La peinture et aussi l’écriture. Puis les diverses expositions et salons pour lesquels il faut concourir, qu’il faut préparer et gérer de l’achat de matériel à la réalisation des œuvres, de dossiers, l’expédition, le vernissage puis le retour à l’atelier. La part difficile mais passionnante, et celle parfois pénible ou fastidieuse (louer un camion, charger des toiles, remplir des dossiers), le tout faisant une excitation spéciale qui tout à la fois fatigue et vivifie.

Ensuite, les visites d’expositions, la lecture de la presse spécialisée comme des divers blogs ou sites Internet qui évoquent ou analysent l’actualité artistique et littéraire. Les articles critiques que j’écris pour nourrir depuis 2005 le mien comme ceux que j’écris pour une revue spécialisée depuis fin 2006. L’évaluation de la situation, l’observation des idées et des formes.

Après cela il me faut parler aussi des résidences d’artistes, peut-être en prolongement des expositions que l’on réalise, en complément et en soutien, résidences pour lesquelles on construit des projets, monte des dossiers. Les éventuels entretiens de sélection que l’on passe à ces occasions et les périodes que l’on passera alors en cas de succès ici où là, hébergé et aidé financièrement, tout accaparé, et qui régulièrement aboutissent à la réalisation d’une exposition accompagnée de la publication d’un petit catalogue.

Enfin, les quelques petits et moins petits projets qu’on présente ou initie, projets d’illustration, d’édition ou manifestations spéciales. Ceux que l’on réussi, ceux que l’on manque. Les dossiers que l’on compose là aussi, les courriers fréquents et comme un parfois vous embarque dans de drôles d’aventures lorsque de Paris je m’essayais au flip book (livre animé) gagnais avec mon projet un concours à Rennes qui aboutit à une publication chez un éditeur de Poitiers en novembre prochain.

Tout cela en sus de la vie courante et de son tremblement déjà complexe. Quelques petits boulots en illustration/graphisme, baby sitting, comme en vente occasionnelle ou petit bricolage, cours que l’on donne, volontaire pour des expériences cosmétiques ou sonores cette année, vente, élagage, montage de magasins, menuiserie/assemblage, petite maçonnerie également l’année précédente. Activité bigarrée et irrégulière comme un peu de sable rempli les interstices d’un pierrier. Bien sûr ceci vous emportant au travers du territoire, (Paris, Valenciennes, Lille, Amiens, Bordeaux, Bruxelles, Toulon, Lyon, St-Etienne, Montluçon cette année. Probablement Munster et Kassel en Allemagne où il me faut visiter une importante manifestation artistique courant septembre) se tressant dans le temps en un planning complexe égayé de rebonds, d’accélérations soudaines, de replis. Jusqu’à ce que l’on m’annonce par dérogation que ma demande de report de stage d’agrégation avait été acceptée, je me préparais cette année à assumer simultanément l’enseignement et sa formation complémentaire en collège et iufm, diverses expositions programmées et une résidence d’artiste à temps complet dans l’Allier. Non sans frémir. Comment cela aurait-il été possible ? Je n’en sais rien, j’imaginais avec angoisse une drôle d’année passée dans les trains entre Lyon et Montluçon – peut-être Paris suivant l’affectation. Peu de sommeil. Des nuits de correspondances sur des quais et la douleur quand la fatigue vous prend au fond des yeux et dans les tempes.

Après mon déménagement sur Lyon en juillet/août je ne pourrais souffler à Toulon plus de dix jours avant de me re diriger vers Lyon stabiliser le radeau avant d’embarquer en résidence début septembre, présentation portes ouvertes le 8/9, exposition à Lyon en parallèle de la biennale le 17, à Paris (Villiers sur Marne) le 22, Montluçon fin février ou début mars avant ma prochaine exposition personnelle à la galerie à Boulogne en mars. Mais déjà m’attendent pour cette semaine un travail de peintre en lettre prévu de longue date, un projet de sculpture à finir pour une expo, un projet d’édition pour la rentrée septembre/octobre, quelques rendez-vous, des lectures qui traînent, des vieilles connaissances.

J’essaierai néanmoins de trouver quelques jours pour passer à Millau où je sais que l’on ne me voit pas souvent lors des réunions familiales vers noël ou février sans doute. Etre très actif (et j’ai pourtant l’impression de l’être insuffisamment) c’est un peu au fond comme vivre en ermite. Seuls changent la taille de la grotte et l’amplitude des mouvements.

jérémy

5 Commentaires

  1. stéphane

    Jeremy

    non ce n’est pas Clo

    j’espere que l’on se reverra tout de même

    même si tu n’es plus sur paris…

    à tres vite

  2. pop corn

    je suis passé et repasserais à l’hotel des arts, à la librairie la nerthe avant escale à lyon du 25 au 30 puis départ en résidence et saut vers Kassel en septembre. on parle même dans les milieux autorisés que je pourrais faire un saut à New York au moment de l’armory show… je t’enverrais un mail si je passe à Paris.

  3. Thierry Kron Taube

    Je ne suis pas alle a Muenster, et Kassel en 2007, ne delivre pas la meilleure Dokumenta, mais cela vaut quand meme le voyage. Ne manquez pas le Museum of modern Art de Frankfurt et, si elle a toujours actuelle, l’expo de jeunes artistes Russes, a Dresden.

  4. pop corn

    je vais essayer, merci du conseil.

  5. Anonymous