Il y a ce buisson qui, à côté d’un autre d’un ton plus rouge, et la barrière devant, frottée, ce buisson légèrement penché à moins que ce soit dans le regard qu’on ait penché le monde et le buisson avec. Que tout penche inexorablement. En bouquet sur son ombre et légèrement penché, donc. Très humble et tout à fait insignifiant sur la pente du talus parmi les autres buissons sinon qu’à ce moment là où le regard posé négligemment, porté par le mouvement de route et qui fait comme de flotter au dessus d’où l’on passe. Le regard flotté. Devant ce regard flotté alors, passé ce buisson légèrement penché sur lui-même, avec son ombre au-dedans et même un peu d’ombre portée sur le talus et sur laquelle visuellement il s’appuie et la barrière d’autoroute devant comme une coulisse et qui joue dans le champ. Sortant confusément du brouillard dans lequel tout est pris, dépouillé, sec, imposant à l’œil flotté et comme le rappelant à lui-même alors la pure conscience de son volume très intensément. Ce buisson s’agrippant à l’œil et dont l’image s’essouffle et dont finalement ne reste plus que les mots levés par lui un moment : « splendeur particulière et frappante ». Et il faudra retrouver l’image, faisant teinter ces pauvres mots seulement et se disant qu’ils concernent un buisson, un buisson légèrement penché en bord des voies, ou penché par la vitesse, surpris dans sa nudité blanche.
Peut-être eut-il été de bon aloi de faire des phrases quelque peu moins alambiquées….