Je voudrais atteindre à une évidence
Je voudrais faire ce journal illustré de ces moments simples aux chapitres presque muets
Je voudrais réaliser quelques vidéos sans histoires, bricoler des plans
J’aimerais écrire un livre qui serait comme un film
Un autre qui serait énorme et discontinu
J’aimerais faire d’autres flipbooks, choses légères
Je voudrais partir en pédalo pour sentir le temps paisible qui glisse
Je voudrais des expositions qui fassent du bien
Des expositions qui soient des moments calmes et pleins de vie
Je voudrais mettre à nu des choses
Je voudrais dans toute chose un peu de voyage
Je voudrais que nous nous sentions des responsabilités à établir des points de repère
J’aimerai écrire des musiques
Jouer pop folk dans un bar
Je voudrais être à jour de mes cotisations
Etre délivré des administrations
Je voudrais m’entourer de ce que je reconnais
Je voudrais mettre un tableau ou deux entre Giorgione et Greco, participer d’une fraternité tacite
Je voudrais faire un film de route et de notations amoureuses
Pour la beauté des plans
Je voudrais être moins pressé
Je voudrais que toutes ces choses s’enchâssent
Et sur plusieurs niveaux dessinent un monde
Je voudrais écrire un livre court et qui touche
Je voudrais des plages de temps sans angoisse
Je voudrais plusieurs vies
Je voudrais sentir enfin le plat de la marche
Je voudrais être à moi plus souvent
J’aimerais penser mieux
Je voudrais courir et aller lentement, disposer
Mais le temps passe à une allure
tout ce que tu voudrais, tu sais tu te rends sûrement pas compte, et c’est bien de jamais être satisfait, mais fatigant
Mais tout ce que tu voudrais, et bien , tu es en train de le faire
Et tu n’as que 27 ans
le bordel, ça s’appelle, un programme pareil.
un jour, tu mourras, comme tout le monde, tu auras devant toi la même liste, avec d’autres noms ou catégories.
tu auras également une autre liste, celle des choses prétendument effectuées.
mort de rire!
frotte-toi les yeux dès que tu trouves cinq minutes, histoire de dissiper la buée.
c’est du cynisme? ça nous emmène où?
peut-etre que dans 40 ans le ferais un « je me souviens » à la Perec…
il n’y a aucun cynisme et ça t’emmène où tu veux.
t’es vraiment fort, toi, tu as négocié le délai et tu sais que c’est dans 40 ans…respect… 😉
hé general motors, t’as lu Pérec ?