Des portraits dont l’homme n’est qu’une donnée mathématique

Je m’explique mal encore ce qui dans ces silhouettes frustes, comme immobilisées (intimidées) par les mouvements du monde, me fascine et me donne une idée de l’espace, du temps, de leurs glissements. Ce n’est pas une inquiétante étrangeté comme on voudrait le dire vite pour classer l’affaire, l’angoisse d’un plan excédé du cinéma d’Antonioni. Rien d’inquiétant à ces volumes sereins, quelle autre étrangeté que le fait d’être par la conjugaison d’une présence insistante et d’une absence délavée, un point aveugle. Comme par l’érosion le temps dégage des reliefs, des falaises calcaires, il y a des maisons grandes, des immeubles. Distribués sur l’étendue : déjà des compositions. On en fait le tour pour en changer l’aspect, s’impose une vue, « le bon profil », le plus photogénique. Il pourra y en avoir plusieurs, ils feront une séquence. De cette manière on témoigne dans les livres de la face et du dos des sculptures polychromes.

2 Commentaires

  1. San

    Hey.
    Rien à voir avec cet article là mais plutôt deux ans de retard.
    Je fais actuellement des recherches tournant autour de l’axolotl et de l’inspiration qu’il a pu donner à tout un tas d’humains plus ou moins artistes. Dans mes fouilles, je suis tombée sur l’article du dimanche 25 juin 2006 « Musée du Quai Branly : l’axolotl encore ». Force est de constater que le rapport entre le quai Branly et mon pote l’axolotl m’est demeuré parfaitement obscure.
    Je tente donc ma chance : Si vous aviez deux minutes à me dépanner, pourrais-je vous demander un léger éclaircissement ? (Voir une franche explication, en fait). Une exposition ? Un artiste en particulier ? Une simple rêverie ouestisante sur la néoténie ?
    Merci d’avance,
    San

  2. pop corn

    à l’époque de ce poste j’écrivais: « Ce fut leur immobilité qui me fit pencher vers eux, fasciné la première fois que je les vis. Il me sembla comprendre obscurément leur volonté secrète : abolir l’espace et le temps par une immobilité pleine d’indifférence. »

    plus que le quai branly, son contenu. Ces figures sereines, lointaines, alors confrontées à la ville grande et moderne, l’architecture d’avant garde. cela m’évoquaient ce passage de Cortazar, cette temporalité en vertige.

    Et je disais « l’axolotl encore » parce que j’en avais parlé à l’époque à propos d’un artiste, Trenton Duerksen, dont l’œuvre me semblait jouer de ce paradoxe de maturité et d’immaturité qui qualifie l’axolotl. Une chose est sûre l’axolotl est revenu souvent barboter dans ce blog, à travers Cortazar dont j’ai retranscrit la nouvelle dans ces pages (http://lespasperdus.blogspot.com/2006/10/axolotl.html), Agamben aussi (Idée de l’enfance. « Dans les eaux douces du Mexique vit une espèce de salamandre albinos qui a depuis longtemps attiré l’attention des zoologues et spécialistes de l’évolution animale. »), Le principe de l’axolotl de Tiberghien, dans la ville Blanche d’Alain Tanner et peut être d’autres encore.