Le tableau distingue, isole plutôt qu’il ne rejoint. C’est le geste de briser la continuité du réel, de retenir ce qui est mu par une échappée, constamment. De retenir un fragment du monde dans cette échappée même qui l’impose alors comme souvenir, image. Le tableau, je l’ai souvent pris comme le résultat d’un décélération du regard, comme la manifestation compacte d’un effet de réel : Le monde qui se jette à la vitre et s’impose dans un raccourci expressif.
Effet de présence des architectures dressés sur l’étendue, croisées chaque fois comme on surprend un visage sous la figure de la ville. Véritables menhirs, marqueurs d’espace. Mais aussi, effet de présence du tableau comme image éloquente, épaisse, centripète.
Dans les trajets encore, chaque angle de béton esquive ou dévoile la cime d’un immeuble. Silhouette tournée dans l’œil comme on pivote depuis elle le monde autour qui s’étend et s’extrapole dans ses complications. Et je sais pas comment dire la pesée d’une tour haute dont je ne peux que constater qu’elle est, dressée de la ville, entourée de ciel, parfaitement obsédante maintenant et déjà échappée. La pesée de ce réel simple qui me fait dans un moment d’empathie : chose parmi les choses, pris dans le corps de la ville comme passé dedans le cinéma du monde. Hypnose de la réalité faite art.
Bonjour,
Je viens de découvrir votre site sur internet.
Je vous invite à visiter mon blog pour découvrir ma démarche dans ce que j’appelle le Pop Art Digital.
Cordialement,
Je partage : le tableau (la peinture plus que la photographie? – il y aurait sans doute à débattre…-) détache du monde et simultanément célèbre, dans un va et viens troublant où tous les états de défaite, d’abandons, de lueurs et d’espoirs se jouent. Champ flagrant des imprécisions, des indécisions et de leurs revers, le tableau déjoue d’abord l’attendu. Sa force : son point de renversement.
ap
mais ce monde avec lequel nous nous voulons en empathie est en fait fluctuant, et fonction de notre moi de l’instant, et nous croyons contempler et pénêtrer une réalité que nous façonnons à partir du réel en fonction ou contre notre état intérieur
partage aussi… réflexion qui me rejoint plus près chaque fois, et rebondit complètement sur travail littérature en cours.
heureux de ces proximités qui me nourrissent aussi pas mal. Faudrait que je parvienne à sortir le texte/le livre qui accompagne et qui pointe ici en extraits. Déjà je me penche sur l’idée d’un port folio. Je note dans le train entre les chapitres de Michelet.