Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n’a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament ; mais, – un beau tableau étant la nature réfléchie par un artiste, – celle qui sera ce tableau réfléchi par un esprit intelligent et sensible. Ainsi le meilleur compte rendu d’un tableau pourra être un sonnet ou une élégie. Mais (…) pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons.
Baudelaire, Salon de 1846.
Baudelaire, Salon de 1846.
A paraître: Semaines bimestriel n°10, mai 2008.
on se rend compte qu’il y en a pas de critiques come cela de nos jours..
on essai, on essai.
Il me semble que Turner accompagnait toujours ses tableaux d’un poème.
à l’époque des Salons c’était fréquent et presque coutume d’accompagner le tableau d’un extrait de texte, ut pictura poesis.
« ut pictura poesis » = ???
En tout cas c’est amusant, les temps changent. Rien que ce matin, je demandais à un de mes profs si je pouvais placer des écritures sur un de mes travaux, et celui-ci me répondit de m’en garder, que le texte risquait de parasiter/gâcher l’ensemble.
Je me demande tout le temps pourquoi nous sommes moins choqués par l’art aiatique traditionnel, avec ses calligraphies. Pourquoi notre écriture est-elle si différente ?
« la poésie est comme la peinture » dixit Horace. Formule communément inversée en un vague : la peinture est comme la poésie, elle est subordonnée à la littérature et bien souvent illustre des histoires, événements, faits historiques, légendes, épisodes religieux etc. Historiquement, ce principe à été remis en cause fin 18ème pour commencer à insister sur les composants propres de la peinture, forme, couleur, ligne etc. Il y a toujours une difficulté à faire se cotoyer image et texte sans faire de l’illustration, forcément art considéré comme mineur aux beaux-arts. Voilà CQFD