Est-ce que les images meurent avec nous ?

Une image nait chaque fois du surgissement d’un arrangement particulier sous le regard, combinant en une expérience complexe le monde du dehors et celui du dedans. Cet arrangement semble se fixer dans une forme délimitée, interrompant le temps et l’espace ou échappant à la succession qui fait du temps et de l’espace des mouvements continus, comme le ferait un caillot : quelque part, l’images est résistance. Par leur puissance suggestive ou l’empreinte physique qu’elles ont laissées, ces images finissent par induire une sensibilité particulière, une réceptivité à certaines autres images ; elles engagent alors l’expérience toute entière jusqu’à établir la structure d’un monde intérieur. C’est celui-ci qui forme le substrat de ces autres images que l’on produit d’un mouvement similaire, se frottant aux mêmes espaces dont elles sont la conjonction impossible et l’expression. Ainsi se fabriquent des présences un peu désarmantes mais qui accompagnent ; qui ne résolvent rien, n’éclairent jamais ni durablement, ni totalement, mais ajoutent, comme le font les enfants à notre propre vie et à un mouvement plus général. On ne saura jamais dire sans doute, ni ce qu’elles suggèrent d’entendre à ceux qui s’y confrontent, ni si quelque chose là-dedans s’extrait du courant, se fixe effectivement, à la manière d’une trace.

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