Fonte de la banquise

Quelques jours que ça m’accroche ces quelques phrases échangées avec FB. (Jamais beaucoup, jamais très long ces genres d’échanges avec lui. Mais l’onde de choc que ça porte ces quelques mots, ça ne s’écrit pas longuement, il faut les porter d’abord.) Si plus moyen de vivre de son travail, alors que longtemps. Les ventes : pas suffisant. Les invitations, les interventions rémunérées : rares. (Maintenant, plus les budgets pour ça.) Et quelle alternative alors ? j’avais demandé. Lui : t’as tout compris. (…) Moi j’étais né bien plus tard. J’étais né avec ce constat, même si au fond toujours quand même, l’espoir d’un jour pouvoir vivre de ça, ne plus avoir à ajouter le poids d’un travail alimentaire. Rêver d’être un jour davantage disponible à soi, parce que moins de temps à gagner sa vie et plus de temps à la vivre. Accueillir enfin le temps plutôt que le nier, l’encombrer. Donc je savais : pas le choix, assurer ses arrières, voir plus tard si. Le hasard a fait que dans ces jours là une carte à la poste de P.B. D’une écriture fine, cursive, rigoureusement tenue sur la page. Il est rare que l’invention nourrisse son homme… mais le collège peut y suppléer. Et puis les mots de patience et de temps. Quand même. La prudence qu’on a, la raison, ça n’empêche pas ce surgissement comme un bloc : alors, pas d’alternative ? Condamné ? Les mots de F.B. derrière la vitre. Y’a plus rien d’autre nulle part autour à jamais. Et on fait quoi quand tout fout le camp ? Acculé. Intolérable, cette entrave à soi. Comme un coureur cycliste balancé d’un coup dans un monde où le vélo ça existe pas. Mais que lui me dise. C’était comme la fin de quelque chose. Cette fin vérifiée. Et on en fait quoi de cette fin quand elle vient vous taper sur l’épaule ? Déjà quelques temps avant je m’étais fait réflexion : Le monde dans lequel on est entré n’est plus du genre à se laisser percevoir. Et qu’on y distinguerait des voies, on ferait des plans. Tout ça s’est dissolu. Plus aucune stabilité. Ce qui semblait solide, ce sur quoi on s’appuie : aucune certitude pour demain. Crise de la raison, encore. Plus aucune vérité ne tient dans le temps ? Bon placement un jour, évanoui le lendemain. Fonte de la banquise. Alors comment se tenir, soi, dans un monde qui se défait? Et on y met quoi en lieu et place de ce temps qui courbait sous les mots ?

3 Commentaires

  1. Lessential A Marciac

    il faut juste changer de mode pensée, ne plus compter sur la société de consommation mais sur soi sur les valeurs de beauté de dons, d’entraide de sentiments et alors tout coule tout remplit de joie tout brille.

  2. Anonymous

    …continuer à peindre, à écrire, à aimer… (je ne vois que ça! Et je te fais confiance…)

    ps : Ton « petit » livre (l’humble usage des objets)est très bien.

  3. Anonymous

    tu as la chance d’avoir un travail alimentaire mais pas qu’un travail alimentaire et tu peux continuer ton art avec plus de succès que beaucoup de tes pairs et selon une phrase célèbre le reste n’est que littérature
    MCML