Fragments d’un livre cinéma




J’imagine la plage, une vague qui reflue. Peut-être une côte estompée. Le jeu d’oiseaux marins dans le ciel qui virent sur l’aile et qu’on échappe. Le rythme régulier et assourdissant d’un train qui passe le quai, une silhouette devinée par intermittence dans l’intervalle découpé des wagons. Un homme qui marche en forêt dans un paysage répété que l’on perd et reprend et dont le visage danse dans un plan serré au rythme de la marche. Le monde qui pivote lorsqu’il s’arrête et roule un cigarette. Une jeune fille qui ne parvient pas à prendre la pose devant un photographe, qui hésite et qui bouge, qui éternise l’instant. Ce restaurant routier croisé puis échappé comme on pivote autour. Le vent dans les tamaris. Une playlist infinie par dessus toutes nos routes.

4 Commentaires

  1. ap

    Et puis le port battu par les mats et les gréements, les jours de fort mistral, les dalles luisantes du quai ou se croisent, dans le reflet des flaques, le mouvement lent des grues harponnant la course des nuages. Cette femme, assise devant quelques maigres bouquets de fleurs et qui retient son châle. Cette autre, penchée au balcon d’un immeuble dont la façade de crépis rose se délite, qui fait écho aux pans fripés du ciel quand vient le soir. Battement de halos, lueur claire des klaxons. Un feu passe au rouge, un petit bonhomme vert s’allume libérant le flot des piétons. L’avenue, depuis le haut de la butte, ressemble à un fleuve de sable coloré qui ruisselle. Les silhouettes découpées des palmes écrasées, sur le trottoir jaune qu’arrosent des lampadaires…

  2. pop

    on a tous notre vie cinéma avec nos plans captés, notre playlist…

  3. Anonymous

    Venant de chez M. Kron , je découvre votre blog ! que de lectures à venir ici !! et tant mieux car l’ambiance feutrée un peu comme dans certaines salles de ciné , me plait ; à souvent !
    (Anonyme dont le nom-net commence par Cac et finit pas tus.)

  4. nina@ziopeppino.com

    action. Silence. Moteur. le contraire. A l’envers. L’endroit.