histoire de mes titres

Si je devais reprendre les différents titres de mes expositions personnelles comme on compose d’après ses notes je m’apercevrais qu’il ne s’est jamais agit que d’une seule phrase montée dans un sens ou dans un autre poursuivant toujours les mêmes préoccupations.

Landscape(s) (galerie Isabelle Gounod, Boulogne 2006)
Le paysage dans son ensemble pour désigner l’étendue et les paysages pour évoquer les fragments prélevés au long de sa traversée.

La majeure partie du temps à inventer les souvenirs exacts de ce qui ne cesse de continuellement nous échapper (Orangerie du château de la Louvière, Montluçon 2008)
Première évocation du récit et de la fiction dont témoigne le retour sur expérience que sont les tableaux, l’exposition.

Hôtel de la mer (galerie Isabelle Gounod, Boulogne 2008)
Ce qui aurait pu être un titre de cinéma évoquant là encore les heures rêveuses à contempler le paysage dans ce qu’il a de plus instable.

Suite (galerie Isabelle Gounod, Paris 2008)
Suite d’abord parce qu’il s’agit de la deuxième partie de l’exposition Hôtel de la mer lors du déménagement de la galerie sur Paris. Mais aussi plus généralement pour cette idée de continuité dans le travail, de chemin patient, de séquence cinématographique là aussi, les images s’accordant à des trajets.

Et comment cet impalpable de l’espace se loge en nous comme nous logeons en lui (Zan gallery, Sèvre 2009)
Correspondances et retournement de l’espace du dedans et de l’espace du dehors et comment chaque image tente d’incorporer l’expérience de notre présence au monde.

Erre(s) (iufm Chaumont, 2009)
Toujours cette idée de lignes, de déplacement, de trajet, de “lâcher tout” comme le lancait Breton avec l’idée des images comme carnet de notes, repérages, témoignages de ces errances, chemins dessinés à l’inconnu.

Lyon-Béthune (lab labanque, Béthune 2009)
Cette fois-ci le trajet nommé, mais je ne respecterais pas, glissant dans la série des paysages d’ailleurs. Evoquer la fabrique du récit. Les toiles seront d’ailleurs accompagnées de fragments de journal.

12 peintures (galerie 5, Angers 2010)
Un grand couloir, prototype des premières galeries, avec un alignement régulier de 12 peintures. Grand traveling, séquence relevant du montage ou images repérages. Autant de haltes que les heures du jour. Avec cette idée de ne pas revendiquer moi-même l’amorce d’un récit mais rester objectif sur les objets proposés à voir. Pour la première fois d’ailleurs, je n’ai pas fait le montage de l’exposition moi-même mais avais donné comme indications de sortir les toiles des caisses et de les accrocher une à une à la suite comme elles venaient

Dans la solitude (galerie Isabelle Gounod, Paris 2010)
Dans la tête, le titre de Koltès avec souvenir de ce qu’il déclare chercher à réaliser : un moment, un morceau du monde, une lumière, quelque chose qui soit partageable, commun à tous. La solitude aussi dans la création, dans l’affrontement avec le monde, dans ce qui nous travaille. L’expérience individuelle que c’est.

Les territoires (école des Beaux arts de Vigneux, 2012)
Parce que Vigneux est par hasard là où j’ai pris les photos qui allaient initier les premiers tableaux de la série. Parce qu’il s’agit, littéralement, de géo-graphie, de tracer des chemins sur l’étendue, d’espaces dont l’arrangement, les architectures qui s’y dressent témoignent d’identités.

L’inquiétude (galerie Isabelle Gounod, Paris 2012)
L’errance plus que la ligne droite, déterminée. La dérive sans certitudes, au hasard des rencontres. Mais aussi les incertitudes dans lesquelles nous laisse l’époque, le relativisme et les grands espaces à aborder. Eviter les consolations des récits tout faits, se placer dans cette inquiétude positive.

Le récit absent (Patio Opéra, Paris 2012)
Exposition qui avait lieu en pendant de L’inquiétude et qui en était le complément. Les tableaux ne seront jamais que des fragments épars, les images d’un hypothétique film impossible à monter et dont on peut décider de s’accorder au flottement.

J’ai toujours dit que mon travail commençait avec la marche, les trajets en train ou en voiture, les dérives dans le paysage, appareil photo en main. Que le récit était l’équivalant narratif de la marche. Que le cinéma était venu joindre les deux en une forme coulée intégrant la perception par fragments.
Les titres des quelques récits que j’ai écrit s’intercalent eux aussi dans cette grande phrase. Le premier récit que j’ai publié à l’invitation de François Bon reprenant la forme du journal traversé de moments de route. Journal du regard, recherche d’une correspondance entre certains objets. « Le livre l’immeuble le tableau (Publie.net, 2008) »
Dans mes essais même, comme « chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde (Publie.net, 2009)» ou « en l’image le monde (La termitière, 2011)», cette même façon d’étirer un chemin.
Ensuite, « l’être&le passage (La termitière, 2012)», contemporain des expositions de 2012 évoque la stabilité de la présence et le mouvement du temps fluctuant pour aborder l’incertitude.
Puis « la traversée (Publie.net, 2012) », sorte de road movie visuel.
Puis « la mer en contrebas tape contre la digue (La Nerthe, 2014)», où il est question d’espaces qui refluent pour confondre en un temps composite, les histoires, les lieux, les moments.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


− cinq = 1