« Le paysage que je contemple tous les jours par la fenêtre me donne tant à penser, tant à imaginer. Je frémis à la vue de quelques bruissements dans les arbres. »
Ma pensée avance dans tes mots comme un lent mouvement de caméra. Du cadre qui fabrique la vue quelque chose en moi s’avance vers les arbres jusqu’à sombrer dans l’image qui, dans sa distance silencieuse, repoussée derrière la vitre tout au bout du regard manifeste son bruissement. « Je frémis à la vue de quelques bruissements dans les arbres. » J’ai comme une image dont on aurait coupé le son, ou pour dire mieux, une image désynchronisée, abstraite en son lieu. Une masse primitive, hystérisée, une image-bruissement. Et c’est sur mot là qu’en dernier je bute, tout gonflé de nuit.
Avant-hier j’ai réalisé une petite peinture sur papier d’après les photographies que tu m’as envoyé. L’esquisse d’un mur avec la fenêtre. Le contrepoint de ces feuillages.

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