l’image qui manque




D’abord, j’avais surpris sur la route cette silhouette émergée des arbres (ou peut-être est-ce plus juste de dire que quelque chose en elle m’avait surpris) sans bien que je sache dire ce qui me retenait et a fait que je ressente ce désir contrarié de celui à qui une chose se donne dans le mouvement de sa disparition. Je dois dire que dans ces cas, ces arrangements ordinaires se donnent à moi avec autant de distinction qu’un tableau sur un mur. Le trajet étant quotidien, j’y reviendrais souvent à ce pivot de quelques secondes, de quelques degrés, dans lequel le bâtiment s’impose, assez majestueusement (la lenteur incohérente du mouvement est peut-être alors un travail de mémoire), puis s’arrache. Je me suis demandé si c’était une image qui m’échappait alors ; image à laquelle je revenais à chaque trajet, d’autant plus désirable qu’elle était désirée en vain, comme l’écrit Proust quelque part, et qu’il me faudrait patiemment assimiler comme l’œil parcoure la surface d’une image par sauts, zigzags, retours, laborieusement, avant de la percevoir toute. Mais manifestement il s’agissait plutôt d’un mouvement, d’une bascule de l’image tout à la fois en et hors d’elle-même. Si bien que le souvenir à la fois très prégnant et confus que j’en avais ne devait rien à un défaut de mémoire, ce que je compris après avoir réalisé quelques photographies à la diable : cette vue que j’aurai voulu retourner chercher avec la peinture n’existait pas, ni dans une photographie, ni dans l’autre, peut-être un peu dans l’ensemble. Un peu comme l’on se souvient parfois d’une scène d’un film ou d’un livre qui s’avère impossible de retrouver à la relecture : on se l’est inventé.

3 Commentaires

  1. Anonymous

    « (…) une chose se donne dans le mouvement de sa disparition. »
    Voilà qui est superbe !

    J’aime cette idée sous-jacente de la création du monde par le regard…

  2. Anonymous

    Finalement, je reviens sur ce post… Quid d’une video montrant la naissance, la vie puis la mort de cette vision ?

  3. Anonymous

    Ce post pourra paraître insolite , hors sujet mais je voudrai dire ceci : je n’ai plus la possibilité de l’exprimer sur le blog Traumas où on m’a censuré ,où on a arbitrairement fermé le blog.

    Un certain  » Lunettes rouges « , soit Marc Lenot , qui se veut critique d’art ,

    Non seulement a fermé le blog Traumas , où je m’exprimai , subitement, après avoir prononcé des paroles insultantes , faute d’arguments, à mon égard, sans me permettre de répondre alors qu’il a faisait pièce à ces arguments.

    Voilà maintenant qu’il subtilise , fait disparaître un de mes posts ,rendant mon discours incompréhensible , exagéré .

    Ce prétendu critique , lui , fait passer son idéologie de pacotille, tiers mondiste , dévotement pro arabe au dessus du discours raisonné , objectif

    Sa méthode est proprement stalinienne , totalitaire .

    Et sous ses dehors de critique sérieux, compétent, ce monsieur est une crapule de la pire espèce.

    Il faut connaître ce sinistre individu pour mieux évaluer la véracité et la qualité de ses remarques

    Allez donc vérifier sur le blog dont je parle ce qu’il en est

    Jean Redomier