La nuit gagne de plus en plus tôt et je quitte souvent l’atelier vers 19 heures avec l’impression d’avoir mangé déjà un peu trop la soirée. Le week-end pas de chauffage, les locaux dépendant de l’école à coté. Le mercredi après-midi non plus je crois. Alors j’enlève mes vêtements de travail et enfile mon blouson. Coupe le poste radio, jette un dernier regard à l’ouvrage, à l’amiante au plafond immobile. A tout ça pris dans l’air. Manière de considérer la situation réelle après avoir séjourné un peu trop dans le périmètre exigent que trace le tableau, manière de sortir la tête. Il arrive que je reste, m’assoie et considère longuement les avancée, essaie mentalement les interventions prochaines, m’excite d’une réussite ou rumine un bourbier. Le regard s’exaspère vite, un tableau en cour est une chose impossible. Le couloir que j’éteins est d’une tristesse infinie, la mauvaise cour cernée de préfabriqués lugubres s’y accorde. Pas âme qui vive, si ce n’est peut-être tapis dans une baraque un gardien, une gardienne, le principal, sa famille logés par l’usage au sein de l’établissement. Portillon de fer. L’éclairage public à cet endroit hésite, affectant régulièrement des baisses d’intensité. L’espace se déploie dans tout ce qu’il a d’effrayant, de glacial, alors que l’activité humaine décante et comme se rétracte. La ville prend la teinte grise des insectes rampants. Leur dureté aussi. Là-devant, les tours aux flancs desquelles j’irais comme d’autres découper un petit carré lumineux.

– La nuit gagne
– pas de chauffage
– un dernier regard
– l’amiante au plafond
– sortir la tête
– rumine un bourbier
– le regard s’exaspère
– une chose impossible
– d’une tristesse infinie
– la mauvaise cour
– préfabriqués lugubres
– Pas âme qui vive
– tapis dans une baraque un gardien
– Portillon de fer
– baisses d’intensité
– espace(…)effrayant, glacial
– l’activité humaine décante et comme se rétracte
– teinte grise
– insectes rampants
– dureté
– les tours
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J’aime les listes. Celle-ci emprunte à ce texte que je viens de lire. Elle est forcément sélective et donne un éclairage particulier au texte. Mais peut-être pas tant que ça finalement.
En lisant ledit texte, je me suis posé la question de savoir à quoi il était destiné (ou à qui, mais ça on peut le deviner) : s’agit-il de cerner le quotidien d’un artiste d’aujourd’hui ? Sert-il l’artiste en question à rallier la grande famille des artistes (d’aujourd’hui ou du passé) qui vivent cette situation si particulière ?
Cette vision-perception de l’artiste est-elle dans la droite ligne de ce qui est l’image de l’artiste pour les gens du commun, ou s’en détache-t-elle (et de quelle manière ?) en la plaçant dans une actualité ?. Et que veut-elle nous dire ?
Tu me figures ses artistes du XIX qui créaient aux côtés de leur poêle à charbon…l’artiste hors du temps…
ce genre d’exercice pour effectivement poser ces questions, témoigner et faire état de la situation aussi à soi même.