L’inquiétude d’être au monde

Dernièrement, j’évoquais encore comme certaines formes chaotiques et instables de l’art contemporain pouvaient être lues comme un écho à l’état du monde, au doute dans lequel il nous laisse, et la plus grande précarité. Rien à quoi se raccrocher, sinon l’angoisse de...
Rémy Jacquier, l’architecture

Rémy Jacquier, l’architecture

Je ne sais pas en quoi tient la fascination qu’exercent sur moi les volumes et les sinuosités des architectures pour que j’y revienne si souvent et m’y arrête si longuement. Inlassablement, j’ai tourné dans l’œil, me déplaçant aux pieds, ces « volumes déployés dans la...

les pas perdus

Rien n’est jamais joué, on aimerait croire qu’un cap est franchi qui nous assure de ne pas faire moins bien ensuite, d’aller toujours plus avant et mieux. On aimerait se rassurer. C’est peut-être ça l’ambition : penser que tout ne doit toujours aller que de mieux en...

piles de livres

Depuis longtemps, Le ravissement de Britney Spears, par fidélité à Jean Rolin mais il est là sur la table de nuit, entamé mais vite délaissé. Le propos était loufoque, un peu trop peut-être, ou prévisiblement loufoque. Un moment je reprendrais. Chaque lecture a son...

Claire Tabouret, l’île

On revient toujours à la grande solitude des images. Ou est-ce peut-être que, les images nous parvenant forcément depuis une forme arrêtée, échappée, silencieuse, nous renvoient insidieusement à notre propre solitude ? On en est là, croisant des morceaux ramant dans...

Joël Riff, performing

Au départ peut-être on se dit : les œuvres demandent d’arrêter le temps, demandent que l’on repose en elle pour que leur souvenir agisse au contacte du monde. On voudrait quelque part que ce soit une forme de résistance à la coulée du monde avec comme images les...

notes sur champs d’altitude

Notes en cours sur un travail d’Olivier de Sépibus à paraître aux éditions Nuit Myrtide. L’indéterminé alentour qui se fuie, le regard qu’on y oppose, qu’on y plante, y trace ses bords, construit des murs. On aime à rasseoir dans l’idée d’un abri. Le paysage...

Pierre Tectin, les plaintes se divisent

Delacroix note : « la nature est un dictionnaire ; on y puise des mots ». Et qu’on y ajoute notre matériel n’y changera pas. Reste par dessus ce vaste lexique dont certains mots nous sont familiers, communs, d’autres inconnus ou oubliés, exotiques ou dévalués, la...

la traversée (7)

On est le nez dessus, les mains dedans, empêtré ; on se distingue mal de ce dans quoi on est pris. Rien que l’on puisse juger à bout de bras de soi ou du monde, tout qui nous étouffe, nous rend à la confusion. On voudrait se défaire de l’évidence pour que chaque chose...

L’être et le passage

Chaque chose est prise dans une double temporalité. L’une à part nous, ralliée à l’immensité dans laquelle naviguent les astres, nous échappe. L’autre se mesure à l’expérience que nous en avons, à notre échelle humaine, en regard de notre durée propre. L’apparente...