Florent Lamouroux
Godard confiait à Wim Wenders dans une interview comme la télévision, par son format, ses règles du jeu, admet l’absence de vérité, invitant à la place une sorte de bavardage.
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On fréquente un territoire lequel pourrait-on dire vous fréquente en retour, et c’est sans doute ainsi qu’advient imperceptiblement entre nous et le monde cette occupation intuitive que l’on nomme « l’habiter ». En termes d’artiste c’est considérer comme une forme (un sociologue dirait ici un individu) est à la fois l’issue d’une matière et la pression d’un milieu. Je veux penser que le travail de Florent Lamouroux ne fait rien d’autre qu’insister sur la fragilité de l’équation, questionnant avec obstination les rapports de l’homme à la société comme ceux de l’œuvre avec son environnement. Ainsi agit-il comme un lointain héritier de Diogène mettant volontiers en scène de manière grotesque les aspects de notre modernité, en démontant les principes et refusant les systèmes. Sa manière est nuancée d’ironie, d’humour, d’absurde, et d’une certaine sympathie à l’égard de l’homme dont il n’en finit pas de parodier les codes comme pour mieux désigner les dérives, les travers. Un peu à la façon de l’illustre cynique sa préférence va aux matériaux sobres et pauvres, artificiels aussi, qu’il emprunte aux bas rayons du supermarché immense qu’assouvit sans cesse notre époque et qu’il dresse en constat.
La goutte recueillie à la peau du nageur ne dit plus tout à fait la réalité de la mer -son étendue sauvage- mais isole un problème et fait naître un objet. Que l’on prenne pour exemple ses territoires nomades que l’œil prélève et que l’artiste déplace comme au lieu de l’immigré se déplacerait la terre propre à accueillir en toute incongruité en quelque lieu désigné une part d’ailleurs ou un peu d’autre chose. Si l’on se remémore l’idée de déplacement lorsque à l’âge ancestral, prélevant un caillou au sol, pour sa forme ou ses propriétés, on en faisait une arme ou une idole, un objet investi d’une valeur spécial, une disponibilité, il est plaisant de constater comme le parking nomade dont Florent Lamouroux poursuit les extensions, tout en conservant la présence indicielle de la ville, du tissus urbain et de ses territoires normés, acquière une autonomie plastique, une singulière présence formelle. Une beauté rude, acide, fugace et populaire. Celle qui vous semble venir de loin et, régulièrement remise sur le plateau, malgré l’éphémère des objets qui la portent, promise à durer. Les bandes blanches qui ordonnent nos circulations sur le bitume, (qui nous font un instant penser à celles que répète insatiablement Daniel Buren) en sont en quelque sorte dépaysées. Et l’art par ces proximités s’en dépayse aussi.
Il parait que des tortues marines là-bas s’étouffent en mordant nos sacs de plastique qu’elles croient des méduses.
Jérémy Liron
Florent Lamouroux, exposition T4-18, orangerie du chateau de la Louvière 9novembre/15décembre 07, Montluçon. Photo de l’artiste.

ce parking me plait bien
et tres bon texte jérémy
dommage que je ne peux me dé »placer à montluçon dans les jours qui viennent
merci
il doit être possible de faire parvenir un catalogue.
ah coool
faisons ça par mail
à tres vite
salut mec!
moi je dis pareil que stephane!
ce texte, il tue!
jamais j aurais pensé qu on puisse aborder ce type de travail avec autant de dicernement, de poésie, et de souplesse…
Je crois que l artiste est mega content! enfin , c est ce qu il m a dit!!!!
A+++
signé
poubelle-man!