Quelques pignons de pin

Car, au fond, ces formes banches dont les volumes émergent à travers quelques pins ne sont qu’un peu d’utopie, de désir, la revendication d’un rêve. Comme au cinéma la durée d’un plan. C’est la manière d’une mythologie, sa façon d’être présente non pas comme discours mais comme silence, comme matière. A chaque fois pour moi ainsi renouvelée l’expression d’une possibilité, c’est-à-dire le réel advenu qui glisse en image vers le passé.

Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse de continuellement nous échapper.

4 Commentaires

  1. Sylviane

    Ce qui ramène à une de tes précédentes interventions : « Le réel, on l’invente. »
    Très poétique tout cela. La réflexion est intéressante.

  2. Traube

    Vu de ma plage du Viet Nam, ces quelques murs blancs dans les pins, sont un petit signe familier depuis la France du sud.

  3. pop corn

    c’est la « représentation physique d’une utopie, l’abolition du temps, de l’espace et, au sein de la solitude que cette utopie engendre, il s’agit de réapprendre le regard ». (Alain Tanner)
    On y retrouve cette « immobilité pleine d’indifférence » commune aux axolotls de Cortazar qui semblent épier quelque chose, un « lointain royaume aboli, un temps de liberté où le monde avait appartenu aux axolotls ».

  4. Andy Verol

    Mon premier roman, « les derniers cow-boys français » sortira au début de l’année 2008, dans la collection « Hirsute » créée par les éditions Pimientios… Mais je t’en dirai un peu plus dans quelques temps. N’hésite pas à me contacter ici: hirsute.hirsute@wanadoo.fr