Repartir à zéro,

comme si la peinture n’avait jamais existé.

La peinture pourtant, on en a l’intuition, existait avant d’être, comme en germe d’elle-même. Avant d’être formulée en une discipline avec ses codes et ses outils. A l’exemple de ces choses qui tardent à s’affirmer en l’attente de mots ou de formules pour les dire mais dont les révolutions sont déjà en marche. On n’a pas nommé l’art immédiatement. Il y avait cette activité spéciale plus ou moins consciente, plus ou moins revendiquée. Et qui se définissait dans les faits. La peinture commençait d’exister lorsque le regard se portait sur l’alentour et y voyait un paysage. Elle a toujours partie liée aux images, à une attention particulière portée au réel, au monde visible par la médiatisation plus ou moins autoritaire de la pensée. A-t-on déjà regardé le monde autrement qu’en le repeignant des yeux par dessus lui-même.

5 Commentaires

  1. Anonymous

    peindre : se défaire

    …cette question qui taraude, sur laquelle nous butons forcément (au combien !) et pour laquelle la seule réponse (que je connaisse) consiste souvent à reprendre les pinceaux pour vérifier qu’elle est là…

    …et si la peinture était née de l’impuissance de la parole, de cette impossibilité de dire autrement que viscéralement (en substances et en chairs de couleur déposées, abandonnées) ce que l’œil ne savait prévoir.

    aveugles au monde, seule la peinture fait voir

    ap

  2. pop corn

    … et en retour, la parole presse d’une insuffisance du visuel? C’est malaxer le monde entre littérature, image et musique?

  3. Anonymous

    …oui.
    défaire, refaire au quotidien.

  4. F

    eh, le message d’hier, on aura des nouvelles via le site, j’espère : les pas désormais un peu moins perdus ? amitié aux trois !

  5. pop

    c’est drôle, reçu d’un ami éditeur le Journal d’un poète jeune marié de Juan Ramon Jimenez, journal de voyage mêlant verts et prose, traversée en bateau, flottante. J’en lis qques pages et leur flottement charmé fait écho au mien.