Sans-titre

C’est un film qui n’a pas vraiment de début ni de fin, pas de trame narrative, ni d’effets de caméra, un film très simple, naïf. Et c’est peut être pour ça que je ne lui ai pas trouvé de titre, je ne voulais le raccrocher à rien, que ce soit quelque chose qui n’essaie pas d’être quelque chose. Pas de démonstration ni de revendication. Certainement assez contemplatif -certaines séquences sont même hypnotiques- mais après que l’œil ait joué avec, il s’occupe d’un autre aspect du travelling, que ce soient les choses qui glissent hors champ et que l’œil tente de retenir ou cette immobilité dans le mouvement quand une voiture roule à la même vitesse que vous, puis que vous la perdez. Il y a des irruptions, des moments flous, des routes qui passent. Il y a cette désinvolture. J’ai pris ces images durant un trajet entre Madrid et Tolède sur les traces de Greco. Caméra collée à la vitre. Je pensais à Don Quichotte, les paysages de la Mancha, tout cela influençais mon regard comme les romans de chevalerie dessinaient pour lui par dessus ces pleines des géants, des aventures. Il est en noir et blanc pour insister sur cet aspect graphique des étendues sèches, de l’équipement humain là dessus, sur son statut non documentaire. Il dure 4 minutes 23.

7 Commentaires

  1. espace-holbein

    Film ou photographie noir/blanc ?

    Un petit curseur blanc qui désigne…le néant ?

    (Dans l’inframince tout fait signe)
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    http://espace-holbein.over-blog.org/

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  2. pop corn

    capture écran d’une courte vidéo, accusée comme telle par ce petit curseur qui trahit les filtres par lesquels tout ça se donne à nous.

  3. Cléanthys

    C’est fou quand on y pense, l’influence que peut exercer l’image photographique, et a fortiori cinématographique, sur la production artistique telle que la peinture, et le regard que l’on a alors sur elle, sur la vision qu’on en tire…

    Sylviane

  4. pop corn

    lors de mes présentations je parle souvent des changements du regard, qu’on ne regarde pas la joconde comme ses contemporains la regardaient, que l’on rève parfois des scènes au ralenti depuis que le cinéma à découvert cet effet. tout regard est construit. je me souviens de quelques tableaux de Monet à Venise comme des fragments de séquence cinéma et du coup on se souvient que le 1er travelling a été inventé à Venise par une des équipes des frères Lumières embarquée sur une gondole pour 55 secondes de bande.

  5. Cléanthys

    Merci de ces précisions très intéressantes.
    Aucun rapport mais, je viens de me procurer le dernier volume de « Semaines » à la bibliothèque de l’Ecole. Je vais donc pouvoir découvrir tes contributions !
    Bien à toi,
    Sylviane

  6. pop

    le n° 8 avec les gouttes j’ai écrit sur Tacita Dean et JM alberola. j’ai pas encore reçu mon exemplaire.mi janvier le n°9 arrive, j’y ai écrit sur silvia bächi et bernard frize…

  7. Cléanthys

    Oui avec les gouttes. Il s’agit vraiment d’une belle revue, tant sur le plan esthétique que sur le contenu. Je suis ravie de lire ta contribution sur Alberola, que j’aime beaucoup,et j’ai hâte de parcourir celle sur Frize, que j’apprécie de même. Un peintre aixois, ce me semble ?