Fernand Deligny. Œuvres reconstitue en 1850 pages de textes, articles, cartes, dessins, photographies, films, le parcours qui conduisit cet éducateur sans patente de la lutte contre l’institution « Sauvegarde de l’enfance » à une approche expérimentale de l’autisme.
« Puisque je raconte à partir de maintenant, après dix ans d’existence proche de Janmari autiste, je peux dire que c’était là territoire, et non pas du tout mon territoire, mais tous ces trajets marchés dans l’antan, ces retrouvailles incessantes et aconscientes du déjà-vu dans le vu de maintenant faisaient de moi un instrument, un métier tout tissé de ces rues parcourues quand j’avais neuf ans, quand j’en avais quinze, quand c’était la presque guerre de 39, et puis ces temps-ci. »
Le Croire et le Craindre, dans Fernand Deligny. Œuvres , Paris, L’Arachnéen, 2007, p.1101.
Deligny se voit en « poète et éthologue ». À l’asile d’Armentières, à Lille pendant la Deuxième Guerre mondiale, à l’occasion de La Grande Cordée, puis dans les Cévennes, il invente des dispositifs qui sont autant de cartographies aléatoires, démarquées des espaces institués. Il déplace les limites, observe et transcrit (par l’écriture et le « tracer », à l’ infinitif ) les lignes d’erre des enfants autistes. Cette « déterritorialisation » préserve la notion de lieu. Les lignes d’erre ne sont pas les « lignes de fuite » ni le « rhizome » de Gilles Deleuze et Félix Guattari.
La référence à l’espèce et à l’éthologie accompagne sa pensée du territoire comme « milieu ». Deligny entrevoit le milieu comme le terrain d’élection de l’« a-vouloir » autistique. Sa critique de la téléologie fait écho aux précautions des éthologues de son époque, quand ils abordent la notion d’instinct, ou l’opposition trop rapide entre acquis et inné. « Nous sommes hantés par un peuple d’images », écrit-il, à propos des oies (images) sauvages dont la mémoire hante les oies (images) domestiques. Ces images en liberté forment un réseau, la toile d’araignée du psychisme humain.
(Sandra Alvarez de Toledo et Anaïs Masson)
Séance à l’occasion de la parution du livre: Fernand Deligny, Oeuvre, aux éditions L’Arachnéen.
mercredi 21 novembre 2007 à 18 heures
Le séminaire “Des territoires” est ouvert à tous. Il a lieu à 18h dans l’amphithéâtre des Loges n°1 de l’Ensb-a (14 rue Bonaparte, Paris 6è, M° Saint-Germain-des-Prés ou Pont-Neuf).

je vais pas pouvoir y aller
découverte pour moi
merci
tres intéressant
j’y serais pas, prend des notes. et pas encore eu le temps de me plonger dans le bouquin qui m’attend depuis septembre!
ça sert à ça, aussi, un blog/partage d’info.
oué génial
mais je vais conseiller à des amis d’y aller
car certainement obligation extra artistique…
hélas