Il y aura des malentendus. Mais je m’attache depuis quelques séances, quelques mois je crois, en toute conscience, à travailler à la hâte, réduisant autant que possible le souci du détail et du soin pour jeter les couleurs dans des ébauches répétées, selon un rythme presque lancinant. En un sens, je me fais moins autoritaire. Ça sauve le travail. Je me voyais m’épuiser dans cette série, variant autour du motif, ayant compris que le sujet du départ était devenu motif, que la répétition de mémoire avait invité les variations et il me semblait bientôt en avoir fait le tour le principe étant maintenant établi. Je ne voulais pas m’obliger, m’enchainer à une contrainte, un protocole, réaliser un programme. Qu’est-ce que ça vaudrait après Opalka ? J’aurais pu raffiner à l’extrême, j’aurais obtenu une variation de manières. Ça aurait servi à quoi ? Autant finir là. Une fois, j’ai jeté à la hâte une de ces nouvelles vieilles façades, un peu par dépit et un peu pour voir. J’attendais vaguement quelque chose de vif et de négligé, qui ne cherche pas à s’habiller.
Relançant un projet de dialogue avec D.S., texte et images, je me suis trouvé à aligner des feuilles et multiplier mécaniquement le motif. Je commençais, comme à la chaine, une, deux presque trois copies. Je voulais laisser de côté la tête, le jugement continuel pour le geste en mouvement, la vigueur franche et naïve. J’y ai trouvé une énergie nouvelle, de nouvelles raisons de continuer. Il me faut sans cesse tâter des bords.
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