Valenciennes 14


J’ai retrouvé la casserole simple pour quelques pâtes. A peine arrivé j’envisage de reprendre le train pour Art Brussels bénéficier de mon invitation sur la foire. Puis le surlendemain Paris, le vernissage de Montrouge et quelques sérigraphies avec Yann pour un projet d’illustrations avant de regagner Valenciennes. Acheminer les châssis commandés. Fin de l’expo Flip Books à Rennes. Pas de nouvelles du projet Corbigny/mauvaise nouvelle. Quelques courses au matin, chemin désormais familier. Suzane Vega, Dylan. Je lis quelques pages de Kafka au soleil. J’ai décidé de quitter Paris pour Lyon en juillet, cette semaine me surprendra suspendu entre Valenciennes et Paris, Brussel et Lilles, posé sur des rails. je passerais l’hiver à Montluçon. Blondie, call me. Je ne peux me regarder en imagination sans constater un bougé photographique.
La représentation de l’étendue et de la plénitude infinies du cosmos est le résultat du mélange poussé au dernier point d’une création laborieuse et d’une libre détermination de soi-même.
Je gère une livraison à Paris par téléphone. La convoierais dans 6 jours. Merci Julie. Travaille en même temps à un grand papier tandis que les toiles sèchent. Appelle le vendeur, contacte le livreur, informe julie, confirme au livreur qui attend en bas, là bas. Dans le poste, Led Zep, tangerine. La vie a de ces intensités soudaines. Fugaces. L’action dissipe les décors, tout n’est que plus que flux. Un saut dont on ne sait pas s’il vise à vous lancer dans la vie, ou à vous en faire sortir.
Toujours pas eu l’occasion de re connecter à Internet. De cette pile de livres achetés et non encore lus j’ai ajouté cette fois-ci outre Kafka, La photographie d’André Rouillé, Michel Pouille sur Cezanne, Bruno Zevi, le langage moderne de l’architecture, Vitruve, Philippe Parreno, ses écrits. Exactement 11,4cm. Travail et repas.
Le frigo encore se signale. Dans cette solitude la pensée saute de sa propre considération ou d’un état d’examen de sa propre activité à de vagues objets qu’elle abandonne sitôt envisagés. Comme dans la nuit une lumière clignotante semble s’aspirer constamment par son centre en un halo décroissant inlassablement répété.
Je regarde mes tableaux en cour, je ne saurais les dire, là il me faut quelqu’un pour tenter ça. Après le glacis, malgré l’inachevé qui partout pointe l’artifice, se dégage une impression de photographique. C’est sans doute que l’instant de la vue se condense, se cristallise en une image compacte comme une foule s’entasserait à la bouche d’un escalator les suivantes buttant derrière les premières arrivées en un flux, un débordement local. Le « ça à été » de Barthes ne désigne pas tant une empreinte qu’un point distant duquel les éléments se projettent formidablement vers la surface de la photographie. J’ai tendance à montrer mes tableaux ensemble, néanmoins chacun ne fonctionne pas tant comme fragment que comme un tout dense et immuable, comme un livre entre ses couvertures. Chacun fait le tour de tout pour en tracer délicat le nombril. Les pâtes retournée que l’on nomme capelletti seraient le souvenir de l’amante sous les doigts du cuisinier et dans la bouche. Du monde on voit tout, on entend tout, mais si nous ne nous en racontions pas les détails, c’est à peine si nous en retiendrions quelque chose.
Il me faudra un jour les présenter avec une distance adéquate dans des lieux qui le permettent. Le livre en est déjà l’approche. Il est 22h passé, fatigue des yeux.

1 Commentaire

  1. pop corn

    Chaque jour j’écris un texte à mettre en ligne le lendemain matin. Malheureusement difficultés de connexion et interuptions fréquentes au niveau du serveur font qu’il m’est actuellement impossible de publier. Désolé.