Valenciennes 21

La ville le dimanche est comme désertée. Les rues vides et calmes allongent les devantures éteintes des commerces fermés. Les passants son rares. Le ciel bas. Ennui probable des longues journée ténébreuses et humides de l’hiver. De Dylan, the ancient empty street’s too dead for dreaming Avance au matin quelques pages de La photographie d’André Rouillé. Pourquoi ces nombreuses choses que je sais et qu’il développe, je ne les ai pas dites dans mes dissertations. Trop de faits évidents que j’ai sous entendu, manière de dire : allez y voir par vous même. Déjeuner sous un soleil plus franc. Je commence un article sur l’exposition Soizic Stokvis. Vue d’ensemble de mes tableaux en cour. Fragments accumulés d’un ensemble non formulé entant que tel, d’un ensemble impossible, comme autant de photogrammes épars d’un film sans scénario et que l’on ne peut monter. Tout les montages possibles. Coupe dans le discours, depuis Nietzsche et Novalis, ou de Godard les fameux signes magnifiques baignant dans la lumière de leur absence d’explication. Recensement des ruptures dans le paysages, ces points repérables néanmoins inscrits qui donnent un à un les images d’un rapport. Ces bâtis comme des arbres, du sol au ciel. Projet non reçu pour Corbigny, de l’architecture proposée comme land art. Barres comme autant de stèles, modernes menhirs. Création de lieux dans l’espace. Le paysage m’a immédiatement interpellé et semblé modèle de l’expression directe que l’homme se fait de sa place dans le monde. Modèle de la situation, lieu du rapport. Avance un peu le n°39. Ballade comme on entoure la ville de son tracé. Lis au soleil l’essai sur Cézanne et l’art moderne, point de vue topologique de Michel Pouille.

Les tableaux de Cézanne ça ressemble pas mal. Ça ressemble déjà un peu moins qu’avant, mais ça ressemble encore beaucoup plus qu’après. Et pourtant ces tableaux, qui sont les plus abstraits de tous, portent bel et bien en eux le germe logique de toutes les déformations homéomorphiques qui vont suivre. Le déploiement spectaculaire de la plasticité illimitée des formes dans l’art moderne est le développement plus ou moins conséquent et nécessaire de ce que Cézanne découvre sous l’art classique : une topologie éternellement sous-jacente à la géométrie.

Un jour j’irais peindre l’Estaque où ma grand mère se baignait, essayer un clin d’œil à un lointain parent.

Les raviolis 1er prix de Auchan sont farcis d’une substance douteuse qui ressemble énormément à ce avec quoi j’enduis mes toiles. Avec une régularité maniaque, le frigo forcené (…).

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