Valenciennes 22

Départ de Nico pour Namur. Réveil un peu avant 7h00. Demi sommeil mal situé jusqu’à 8. Les toiles à l’atelier sont trop fraîches pour que je puisse y avancer. Se donnent alors dans une certaine présence distante. Une attente. Je repense toujours au mystère Picasso de Clouzot, la toile jetée dans son ébauche à une beauté désinvolte, une perfection simple. tout ce qui consistera à l’épaissir semblera éloigner de cette réussite initiale. Ça devient gauche, lourd, encombré, mauvais. Et de construction en destruction tenter de reconquérir à travers ce temps nécessaire à une certaine densité de moments l’évidence simple du jet initial. Lent Blow up. Lent retour, joli titre de JM B. Rock Connexion. Quand parfois dans le labo je chauffais le révélateur pour éclater les grain sur du 400 aza et bénéficiait alors de temps de développement recors. Quand l’acrylique permettait de manger les étapes, l’huile impose ces durées d’images approximatives. On en voit les défauts, ne peut encore les retoucher. William Scheller, un homme heureux. Roger Waters, Pink Floyd. Les toiles d’araignées hantent chaque recoins. Je vais en ville chasser un peu des pensées bizarres. La fnac ne possède qu’un tout petit rayon littérature où sont alignés tous les domaines du roman français prédominant au polar d’outre manche. 50 cm pour la poésie. Une ville où on ne trouve qu’un Mc Donald. Je rentre. Un mot coincé dans le joint de la porte, Philippe m’a lancé la clef par la fenêtre, enfin accès à internet. 77 spam. Mail de A. L. pour Montrouge. Je me sens un peu entre deux : plus de ces jeunes artistes, découvertes, pas de ceux confirmés qui hantent les programmations. Serveur indisponible, le blog semble définitivement impossible à mettre à jour. J’envisage de changer d’hébergeur, peut être intégrer une page à mon site perso. Je lis Notes et La solitude heureuse du voyageur de Depardon. Son entretient avec J-F Chevrier. Sorte de dialogue de sourd. Le pollen me fait éternuer, les yeux grattent. Dans mon petit carnet j’ai écrit ça : vous vous mettez en position d’écrire, ainsi ce qui est noté ne rend compte que de la réalité de ces moments là. Je répond à l’interview de Stéphane pour le salon. Give me a ticket for an aeroplane. Il est temps que j’écrive ce grand livre. Ce livre qui s’écrit chaque jour de ces petites récoltes. 92 jours et un peu plus. Pour débuter.

Je lis quelques pages de poésie de Breton, cette capacité toujours intacte à gonfler les poumons. Unique raison de la liberté folle et de l’amour. Un peu de ça que je cherchais dans quelques uns de mes grands papiers. Plus proche d’Eluard peut être. Parfois ce que vous êtes vous éloigne de ce que vous aimez. Comment est-ce possible ?

Ecris à julie.

Valenciennes, le 30 avr. 07

Ici, par la fenêtre passe un peu le murmure de la ville. La radio enchaîne monotone de vieilles complaintes comme une fin de soirée en province, une salle à peu près déserté. A l’angle du bâtiment un dernier rayon de soleil brûle les contours dans une lueur vive d’un blanc cerné de jaune. Tu me manques. Il ne faut pas que j’y pense. Dis, on se retrouvera bientôt. Et tu mettras ton visage dans le creux de mon épaule comme ça.

Je t’aime,

Ton

LOU

O

U

0 commentaires