Valenciennes 24

J’ai travaillé hier soir vers minuit à quelques pages du journal dessiné. Envie de mener à bout ce projet aussi. 4ème chapitre. Du mal à dormir, la tête en éveil. Levé ce matin comme d’habitude peu après 8h00. Déjeuner. Connexion internet. Hier soir j’avais lu en ligne les éditions inventaire/invention. Théâtre de Leslie Kaplan. « toute ma vie j’ai été une femme, phrase immense ». Forword. Ce matin je termine les quelques pages du journal dessiné. Retouche le paysage n°37, travaille au 39. Termine un deuxième rouleau de scotch, un deuxième tube de blanc. Demain je rentre à Paris faire les photos avec Assaf à la galerie, je comptais rester le week-end mais il me faut être au vernissage Gilian Gelzer le lendemain à l’H. Complètement oublié. Je ne fais que courir et lutter, perdu la notion de l’espace et du temps. Julie ne me verrait pas moins si j’étais reporter de guerre. 13H35 j’ai faim, pâtes. Je me retrouve souvent en train de m’apprêter à quelque chose sans plus savoir quoi. Je dois laisser derrière moi des chapelets d’actes en instance. Mes pensées vont à la pléiade de projets que j’effleure sans parvenir à en donner une forme exacte. Lister ne permet pas d’atteindre tout. Bill Withers, lean on me. Midnight train to georgia. J’éternue souvent, le pollen sans doute. Lynyrd skynyrd, free bird. Je sors marcher à la rencontre de la ville étendue, traverse Trith St-Léger, village rue aux petites maisons comme déposées aux abords des routes à la manière des morènes le long du lit des glacier. Ornières et débords, barbures d’un métal usiné. Comme un long voyage dissémine les épuisés le long du chemin en de petits tas qui font ville autour d’un vide ou d’un rêve. Puis, Aulnoy, aborde la zone commerciale par son envers, Brico dépôt, Carrefour, emporte de quoi manger ce soir. Oublie d’autres choses. Boucle la boucle. Butin, quelques photos. Il y a les photos que l’on prend comme notes pour un tableau à venir, ou qui pourraient, d’autres parce que ce sera une belle photo et puis quelques unes dont on sait que l’on ne fera rien, que l’on prend pour des raisons obscures. Une photo, même numérique, c’est un peu moins immatériel que (…). Il y a surtout toutes celles que l’on ne prend pas. A peine préavis donné pour l’appartement l’agence souhaite organiser des visites, gestion à distance. Et le bordel qu’ils vont trouver, la chaleur étouffant en ce moment. Avec tout ce qu’on y a mis dans cet appartement, plus un mètre de mur visible, ils veulent faire des photos. Des photos de quoi ? D’un appartement dissimulé de l’intérieur. Qui s’efface.

Je m’étonne de tout ce qu’il y a à dire d’une journée. Layla version originale avec derek & the dominos. Free, all right now. J’oublie le contenu de la soirée.

4 Commentaires

  1. roxane

    Ohhh… Te souviens tu des oiseaux d’élodie???
    il y a dans tes récits de la tristesse et du spleen…
    valencienne sous la pluie tu y as eu droit?

  2. pop corn

    je m’en souviens, je trouvais ça vachement bien, évidemment j’y ai repensé en me retrouvant à gratter ces points qui bougent. J’avais à l’époque écrit un texte dans me même univers. Et le flipbook qui sera publié bientot intitulé ‘les minuscules’ (visible sur une page du site lagrandevie.org) peut parler de ces mêmes sentiments du temps arrété etc.
    Valenciennes, à vrai dire j’y suis arrivé la 1ere fois sous la pluie, mais j’ai la résidence dans de bonnes dates, pour l’instant, plus de bleu que de gris.

  3. pop corn

    « de la tristesse et du spleen », sans doute du à la déambulation solitaire à travers des villages peu animés, conjugué à l’approche critique vis à vis des lotissements désemparés… mais je suis heureux de ma résidence, travaille beaucoup, ai lu 9 livres ce 1er mois, les gens que je crois sont sympa… pas de mal entendu. les affres de l’artiste préoccupé?

  4. Sylviane

    J’aime beaucoup cette image des « chapelets d’actes en instance »…