Simon & Garfunkel, the boxer. Les tableaux sont comme les fenêtres éclairées à la façade d’un bâtiment la nuit. J’aime aller d’une pièce éclairée à une autre. Ce sont nos efforts pour saisir au passage tous les aspects de la vie qui la rendent si passionnément intéressante. Led Zep, all my love. Décidément je trouve en Mrs. Woolf des échos à mon état des lieux. Mon projet Landscape(s), système en déploiement. Elle : La seule difficulté est de me retenir d’en écrire un autre. Mon « cul-de-sac », comme ils l’appellent, s’étend si loin et offre tant de possibilités. J’aurais quelque chose d’une vieille anglaise dépressive. Hier soir, coup de fil du centre d’art Aponia qui après avoir aperçu mon travail dans la publication des diplômés ensba puis au salon de Montrouge proposent de m’insérer à leur programmation pour une expo urbanités#2 en octobre. Rendez-vous à mon retour sur Paris, au matin je décrocherais. Et Adrien P. aussi qui aurait voulu que nous nous voyons à ce moment. Ce projet à Londres auquel j’aimerais participer mais je me fais peu d’illusions, convoyer des tableaux est plus coûteux que des dvd pour un festival vidéo. Ce matin j’ai fais ma présentation à l’atelier à Philippe et Pascal. J’aurai tellement voulu prendre à bras le corps cette expérience à travers une exposition, l’accompagner de la publication du journal. Parce que c’est une chose tout de même. Qu’on passera dessus. Qu’il faudrait l’inscrire, un peu comme dit Yann. Et le livre. On se fait beaucoup d’idées sur la vie d’un artiste, je voudrais développer comme tout cela se tresse. A la radio spéciale Cramberries. Je reçois dans l’après midi les 3 taules. Achète un cisaille, une masse, des serre-joints, des électrodes pour l’arc. Quelques courses pour un repas sympa ce soir. Julie, 7 ans déjà. Les Anges déchus de Wong Kar Wai. Film un peu décousu. Devant lequel elle s’endor. Les tableaux sont trop frais pour y toucher ce soir. La pluie vide son sac de billes sur les pavés de la cour. Je rase mon visage dans la glace petite qui ne me renvoi que des fragments ronds. Souffle les bougies. Me glisse silencieusement dans le lit défait.
Valenciennes 31 – il est temps de te poser la question: peint-on différemment quand on change de cadre? Les nouveaux paysages infléchissent-ils le cours des Landscapes? Amitiés
tiens, je voulais justement t’envoyer un mail (que je n’ai plus retrouvé) pour savoir comment avançait Vitruve. Pour l’instant, je dois avouer avoir tellement bougé que le travail se nourri continuellement de ces nouveaux lieux ou nouvelles expériences.
Vitruve a retrouvé son essence purement architecturale : il trône sur ma bibliothèque, tel une colonne inerte consolidant l’éboulis de livres. A l’instar d’un temple hautement protégé, il affiche fièrement sa résistance à toutes mes tentatives de le lire.
Si je réponds à ta question, tu esquives un poil cavalièrement (ou trop modestement) la mienne : en écrivant que « le travail se nourrit », tu sens bien, si tu ne me dévoiles pas comment, que tu me laisses sur ma faim ! N’aie crainte : je saurai redonner à toute miette d’information (fût-elle volatile ou prémâchée) sa propre saveur. Alors ?
J’initiais la série de ce vaste programme landscape(s) découvrant la périphérie parisienne à travers les vitres d’un train de banlieue, blême humidité et écueils mornes. Récemment une soudaine nostalgie des heures claires sur les bords de méditerranée me faisait arpenter les corniches où le bâti s’accroche à travers les pins et les agaves. Les pans de blanc. A Valenciennes c’est la platitude retrouvée et la lumière du nord, les briques, les plans rapprochés sur des architectures saillantes. Et se frotter au réel c’est aussi devoir trouver des gestes picturaux sur chaque chose. Combiner les aspects, tourner autour des choses. Bientôt, plus d’images. Et une publication.