
Nous nous levons tard. Le ciel est gris mouillé. Il fait sombre. Je monte à l’atelier, m’acharne sur une taule si bien que j’écrase la cisaille comme on tord un casse-noix sur un caillou. Il faudra attendre la disqueuse demain. Le travail sera dur mais cela vaut sans doute la peine. On est jamais bien sur de réunir les moyens nécessaire à ce qu’une entreprise demande. Les bras petits se resserrent mal sur les idées. J’ai les mains rougies, en peu de jours je retrouverai les paumes indurées. Bien sûr le travail aurait été meilleur avec le matériel à disposition, découpe au plasma, forge, enclume. C’est la difficulté de quitter les structures confortables des écoles. Je mange, les bras gourds de mes efforts matinaux. Nos années sauvages, Wong Kar Wai. Allongés dans le lit. Se dessine la manière chaude, la lente sobriété qui cisèlera In the mood for love. Le temps lourd et pluvieux force à l’apathie. Tout est écrasé d’un poids invisible, accablant. En arrière de l’œil ne se développent que des pensées gluantes. Il me faudrait travailler à l’atelier à quelques ébauches mais y penser m’exténue. Je lis dix pages de Virginia Woolf. Curieusement la fatigue semble s’insinuer de mes poignes engourdies à mes tempes par un chemin ténu. Cake, fashion nugget. C’est au tour de Roxanne de me féliciter par téléphone pour l’admission au capes. J’aurais voulu être discret, me planter en silence. Il me faudra faire figure. Son expo à Thionville aura lieu en octobre.
Félicitations Monsieur le professeur…
tout doux! il me faut encore passer l’admission puis valider 1 an de stage. J’y suis pas encore.