Si l’on me demande ce que je fais : Je réfléchis à partir de l’idée de paysage. Et de ces volumes sans doute qui se mêlent au terrain ou y dessinent des ruptures, des géométries. C’est peut être que la réalité me laisse si démuni qu’il me faut apercevoir en chaque caillou de bonne taille un pivot pour notre errance, qu’il me faut y trouver celui là qui devrait nous accompagner et qui sait tout, nous convoie de sa tranquillité, comme un ami imaginaire. Comme un petit animal juste né tète et s’attache à la première forme qu’il touche. Elision aveugle pour que le vide commence un peu plus loin. Peut-être sur l’espace allongé qui se médite faut-il pour faire un lieu et creuser à partir de lui l’espace énorme cette sorte de menhirs.
J’ai avancé hier soir le journal jusqu’à la page 500, pressé d’en finir pour passer à autre chose, pouvoir abattre d’autres volumes. Le matin est frais et le lit est un refuge d’où il est difficile de s’extraire. Je finis ce que j’ai en stock pour le petit déjeuner, il me faudra faire des courses, encore. Le ciel couvert annonce une journée morne et recluse. Tout semble se contracter, se rétracter en un nœud exsangue. Une désolation. Par la fenêtre un ginkgo se dresse immobile, les branches en antenne râteau, disposées à l’équilibre. Je termine et peins le second volume de métal. Pâtes. Dernières pages du Journal de Virginia Woolf, je lis dans la foulée son court texte sur La Maladie. Mange une demi plaquette de chocolat Milka lait noisettes. Des volumes et des toiles une installation se précise, photomontage. Erik Truffaz.
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