Connexion Valenciennes/Düsseldorf via msn avec Nelli. Un atelier pas cher en partage avec des artistes motivés qui proposent déjà des expos, un travail d’assistant assez bien payé c’est un peu l’eldorado. Je taquine M. Nuridsany en perpétuant mes coulures. Lis quelques pages de Nerval acheté hier sur une envie soudaine au Furet du Nord. Et le dernier livre de Philippe, très beau et (…). Quelques jours que la température diminue et le chauffage est coupé. L’air est glacial et le ciel bas et lourd pèse, comprime les tempes. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l’esprit en proie au gémissant ennui. C’est drôle comme certaines choses s’impriment en nous alors que d’autres malgré tous les efforts demeurent volatiles et s’éventent. Il faut que j’envoie les images pour l’expo virtuelle galerie Serrano, ensuite j’essaierai de disserter sur un sujet de capes. Et cette douleur dans le poignet. Réchauffe une fois de plus des restes de raviolis. Je ne parviens à rien pétrifier en moi des programmes de collège, tout se délite. Je tourne autour et tout m’échappe, m’ennuie. A la fin tu es las de ce monde ancien. (Apollinaire) La motivation profonde me manque, pourtant ce serait formidable cet emploi, un salaire assuré, une rampe. néanmoins quelque chose m’écœure et me fait l’effet d’une mauvaise ancre. Je rectifie et peins les deux sculptures. Disons les arbres. Avance un peu le paysage 47. Fini Nerval.
Chez Gérard de Nerval la folie naissante et pas encore déclarée n’est qu’une sorte de subjectivisme excessif, d’importance plus grande pour ainsi dire, attachée à un rêve, à un souvenir, à la qualité personnelle de la sensation, qu’à ce que cette sensation signifie de commun à tous, de perceptible pour tous, la réalité. Et quand cette disposition artistique, la disposition qui conduit, selon l’expression de Flaubert, à ne considérer la réalité que « pour l’emploi d’une illusion à décrire », et à faire des illusions qu’on trouve du prix à décrire une sorte de réalité, finit par devenir la folie, cette folie est tellement le développement de son originalité littéraire dans ce qu’elle a d’essentiel, qu’il la décrit au fur et à mesure qu’il l’éprouve, au moins tant qu’elle reste descriptible, comme un artiste noterait en s’endormant les étapes de conscience qui conduisent de la veille au sommeil, jusqu’au moment où le sommeil rend le dédoublement impossible. (Proust)
Un peu de cette mélancolie romantique s’accroche à moi comme des brumes à un relief. Je sors. Seulement accumuler des pas.
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