Valenciennes 59

Val 16.06.07

Levé 9h30 rassasié de sommeil. Pourtant traîne encore un hébétement, un mutisme. Soleil et vent, rafale sous averse brusque et brève. A l’arrière du crâne comme une fatigue, une congestion. Je monte avancer un peu une encre petite et le grand papier, les palmiers sur la corniche au dessus des plages. Lui laisse le coté brut d’une vision mal établie. Je pense à Brassens et sa supplique pour être enterré sur la plage de Sète.

J’ai pensé pour Frédéric (les abris répétés) à Thomas Fougeirol, ne me souvenant plus l’orthographe exacte ni le prénom je téléphonais à ma mère, lui indiquais un classeur bordeaux plein de coupures de presse, un article d’olivier Céna avec en illustration une cabane ou abri en camaïeux rouge. Etonné de retrouver peut-être 5 ans après dans ces multiples classeurs gonflés d’articles, ces quelques lignes d’un court texte perdu parmi d’autres. Curieux comme certaines choses s’impriment. Un jour c’est à mon frère que je disais de chercher confirmation d’un nom dans une pile de cartons d’expos et de feuilles de presse accumulées il y a quelques années. Pourquoi je ne me souviens pas du programme de lycée que je dois utiliser pour mon oral d’agreg’, ni d’un prénom qu’on vient de me dire, alors qu’un nom obscur croisé il y a 5 ans me reviens à sa place stocké dans ma vieille chambre chez mes parents ? Voit-on mieux de loin ?

Les pages de ces courts textes s’alignent sur l’écran du bureau appariés de dossiers, c’est un vertige méthodique dont j’aimerai rendre compte. Cet œil constant sur des minutes dissipées.

D’une photo prise à Amiens : La perspective à toujours quelque chose de magique, même après les diverses remises en cause, les libertés prises sur cette convention. Tracez des diagonales des angles de votre feuille et c’est comme s’écraser les yeux et à travers les phosphènes traverser un tunnel sans paroi et qui fuie sans cesse. Karim me racontait il y a quelques années comme il voyageait comme ça travers des galaxies les doigts sur les paupières.

Le 14 Amiens, le 15 au soir Valenciennes, le 16 présentation, le 20 retour Amiens avec escale à Douai, le 22 Paris, Le 24 Bordeaux, le 29 retour Paris, le 2 et 3 Bordeaux, le 4 au matin départ en camion de Valenciennes pour livrer sur Paris. Quelle ville déjà sous le nom où je m’échoue, plus de dalle sous mes pieds, la terre est un tapis roulant qui me laisse immobile tandis que défilent autour imperturbablement des tableaux confus façon vieux cinéma, une poursuite en voiture, le chauffeur qui glisse sur lui même contemplant ses pensées, tout alors prend une impression de ralenti, presque d’immobilité. Silence sur images. And it’s all over now, baby blue.

Pluie, on se croirait en bateau et tout ça est si dense qu’à travers les vitres c’est comme être immergé dans du bouillon. Et un vent violent qui rabat ça horizontalement. S’il y a deux personnes qui passent cet après-midi (…)

1 Commentaire

  1. Anonymous

    que de mise à jour en perspective pas le temps de tout lire ce soir mcl