zone portuaire de Memphis, Tennessee, vers 21 h jeudi

On ne sait pas si il s’est penché et à glissé ou s’il s’est laissé attirer par la lente apparence de l’eau, a penché en lui-même, là où on s’échappe, et s’est laissé glisser. C’est tout à fait différent et cela est la même chose. On imagine aisément la berge, l’eau à cet endroit désespérément belle. Les bateaux qui passent. Le clapot léger et les phrases chantées de celui qui est rentré comme ça tout entier habillé. Sans doute parce que c’est un peu plus fou tout habillé, c’est un peu plus libre et cela fait du bien de sentir cette liberté là alourdir la nage et vous aspirer en elle. Keith resté sur la berge s’est momentanément détourné « pour déplacer le radio-cassette portable », il dit. Il n’entend plus le rire. A ses appels, dix minutes, ne répondent que les clapotis de l’eau sur la berge, le passage des bateaux à roue et peut-être un peu de vent dans les feuilles des arbres.

3 Commentaires

  1. brigitte giraud

    Beau texte, tout en sensibilité et qui dit le pire au coeur des mots. Terrible ! Ce lieu de « rêve » devient soudain bien sombre.

  2. laurence

    Narcisse… cela m’évoque celà… J’aime beaucoup les textes qui ont un rapport avec un mythe

  3. pop

    Et un mythe plus rock encore, à deviner..