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sans titre agostini 2019

les tâtonnements du regard (Philippe Agostini)


Alors qu’un appareil photo enregistre d’un bloc, ou d’un clin d’œil, sensible dit-on, mais impassible, la totalité du champ qu’il cadre, notre œil scrute le visible de manière tâtonnante, furetant en s’accrochant aux reliefs que font les contrastes lumineux, les contours, les ruptures. Il se fait que, face à un tableau, nos yeux zigzaguent, sautent d’un point à l’autre, y reviennent, comme s’ils picoraient, ou comme nous fait l’effet du vol désordonné, absurde, de la mouche, qui enchaine des cercles d’amplitude irrégulière pour revenir buter, inlassablement, en divers point d’une vitre.
L’appareil découpe un rectangle dans l’espace du visible, le scanner balaie la surface indifféremment de gauche à droite ou inversement, la course des yeux laisserait aux images que l’on déchiffre, s’ils étaient appariés d’un feutre ou de la pointe scriptrice d’un sismographe, un motif de gribouillage nerveux semblable à ceux que font les tout jeunes enfants. Lire la suite →

Parler-peau

Parler peau


L’amour désigne dans les métiers de l’impression la qualité du contact entre la matrice et la feuille qui déterminera la qualité du tirage. Lire la suite →

carton phil agostini

des images-matériaux


« les siècles finiraient par lui apprendre que les mêmes volumes se répètent toujours dans le même désordre qui, répété à l’infini, deviendrait un ordre : l’Ordre. Ma solitude se console de cet élégant espoir. »
Borges

Vivre collectivement impose de nous rendre à un ensemble de récits, lesquels fédèrent un imaginaire commun à même d’offrir une structure et des repères, de mobiliser des sociétés entières, des milliers, des millions d’individus se mouvant dans une même direction à l’aune des quelques principes qui valent d’être partagés par le plus grand nombre et reconduits génération après génération. Lire la suite →

ecrit

lectures d’hiver


Chaque saison j’essaie de recenser les livres lus.

 

C’est par intermittence avec de longues périodes où le temps et la disponibilité d’esprit manquent pour autre chose que gérer ce qui doit l’être et tenir à peu près ce que l’on peut, qui l’exige. Faire avec la fatigue. L’étau qui prend le crâne et oblige, quand on croyait avoir enfin une heure, à s’écraser la tête sous un coussin pour cacher la lumière, calmer les tempes, le creusement des yeux. On n’est pas si souvent à disposer de soi. Lire la suite →

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ce doigt qui manque à ma vue, Armand Dupuy


« tu poses du vert
pour salir pour exister »

Parce qu’il faut un geste premier et dans ce geste un espace et par ce geste un espace : il faut que quelque chose ait lieu. Ainsi commence-t-on soi-même toujours : dans un cri, du sang, une blessure, une violence. Le miracle que c’est est une salissure qui fait trace, lance la première parole. Au commencement était le verbe, au commencement un cri. Il a fallu qu’une figure de l’incarnation soit sacrifiée sur une croix il y a des siècles pour qu’une partie du monde marque le point de départ de son histoire – l’ancre. Lire la suite →

agostini

Philippe Agostini, séries et reprises


Que cela s’obstine on ne fait que le constater. Et chaque fois. Parce que rien ne se résout. Rien ne se dénoue. Rien n’éclate vraiment ou ne se livre. Lire la suite →

Philippe Agostini, les espaces qui fondent le tableau


De certains tableaux, on ne se souvient plus l’histoire qu’ils illustrent, ni même la composition globale et le nombre de personnages. La touche s’efface aussi. Demeure les relations qui liaient les choses entre elles, quelques postures réduites à un enchaînement de courbes, la blancheur d’un visage très délicatement peint. Guère plus. Lire la suite →

Agostini chez Publie.net


jeremy liron   les pas perdus   DSC08242 Agostini chez Publie.net

Philippe Agostini/chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde, 8eme livre de la collection Portfolio que nous coordonnons Arnaud Maïsetti et moi.
Philippe fait parti de ces quelques-uns dont j’ai croisé le chemin sur Internet d’abord et qui quelque soit la virtualité initiale, se sont imposés comme compagnons de voyage et amis. C’était à l’époque de l’exposition Miroslav Tichy au centre Pompidou, à Paris. Quelques bloggers comme Lunettes rouges ou Holbein s’étaient saisis de la question de la fabrication de l’artiste, de la construction de son image et des diverses manipulations par lesquels le monde de l’art produit des mythes (le personnage de Miroslav Tichy était au coeur de ces controverses). Je m’étais pour ma part arrêté aux oeuvres elles-mêmes que je trouvais belles, troublantes, fascinantes et qui m’intéressaient qu’elles aient été le fait d’un artiste, d’un agent de circulation ou de falsificateurs – en les dégageant de ces questions sociologiques. J’avais eu la surprise de retrouver quelques unes de mes phrases citées sur un blog que je ne connaissais pas, dont je remarquais immédiatement la tenue, la rigueur, l’écriture et qui était le sien. Plus tard, je ne sais plus vraiment à quelle occasion, il avait écrit sur mon travail un texte que je trouvais tout à fait juste et honnête. Plus tard encore, il m’avait invité à exposer à Chaumont où il enseigne, première rencontre en vrai. On avait discuté peinture, j’avais un peu vu les siennes. Il était absorbé, impliqué et en parlait avec simplicité et justesse. Un vrai regard et une parole sans ornements. Pas si souvent qu’on peut parler du dedans. On avait échangé une peinture. Pas étonnant que je le sollicite pour un entretient quelque temps plus tard. Son travail à lui, son travail de peintre m’interpelait sans que je parvienne à dire autre chose qu’un vertige:

« Je remarque comme un tremblement dans chaque figure, je vois des visages moqueurs, le sourire du Cheshire accroché un peu partout. C’était le monde derrière le miroir tout ça ? Depuis le début, arrive-t-on encore à voir ?

/…/

Plutôt des pièges pour le regard! On n’en sort pas, on ne domine pas (par quelque sécurité de forme identifiable, définitivement. On est pris dans les plis. Mais sans repos, sans pouvoir se laisser porter par quelque surface paisible, éloquente. Parce que ça passe par-dessus, par-dessous: ça s’emmêle.

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