leur regard vague, leur tristesse insondable, leur dignité

Les époques passées nous ont laissé des vestiges qui nous regardent depuis leur silence, leur mémoire enclose. Cette existence magnifique ou grandiose, grâces lascives ou embardées, pompe, cette vénusté qu’ils fixent nous convoquent à leurs bords comme des images. Leur ruine c’est aussi la ruine du langage, cet enfermement des formes à l’intérieur d’elles-mêmes et ce regard encore, inexpliqué, obsédant qui persiste dans le moindre fragment. Leurs morceaux jonchent nos existences. Ils sont comme des passagers du temps, des thanatonautes dépossédés ou allégés de leur langue, erratiques, nous regardant depuis leur lointain tout proche mais infiniment distants. Ils fabriquent leur distance ou leur espace, cela que je perçois presque comme une vitre et qui n’est peut-être qu’un effet de leur regard vague, leur tristesse insondable, leur dignité. Visages meurtris, corps mutilés comme des témoins dont l’œil des formes contemple comme au travers de nous notre propre ruine.
Quelque chose pourtant qu’ils éclairent depuis leur gravité et ce qu’ils retournent vers nous de silence. Se rencontrer soi-même ?

2 Commentaires

    • jérémy liron

      Je remarque depuis quelques temps que nous sommes de plus en plus nombreux à faire référence à l’Antique ces dernières années, voire même quelques figures de fameuses convoquées comme des talismans, fréquemment reprises. Symptôme d’une époque, de l’air du temps? Il m’est arrivé en une journée de croiser trois oeuvres, sérigraphies, peintures reprenant la fameuse tête de cheval conservée au British Museum.

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