chemin vers les points de vue_FK

Fantasmagories (ou l’art de faire parler des fantômes en public)


« Peintres et sculpteurs puisent souvent dans la nature plus que la matière première et le modèle de leurs œuvres. Il leur arrive même d’annexer à celles-ci des éléments que la nature leur propose ou de constituer, avec ou sans retouches, leur butin en ouvrages originaux, qu’ils n’ont ensuite qu’à reconnaître au sens fort et juridique du terme. Au hasard d’une promenade, ils ramassent épaves séduisantes et débris inattendus. Il s’agit de trouvailles fortuites : d’aubaines ».
Roger Caillois Lire la suite →

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l’équivoque, Marc Desgrandchamps (2)


« Depuis longtemps, le monde porte en lui le rêve d’une chose, le rêve d’une chose dont il lui faudrait prendre conscience pour la posséder réellement. »
Karl Marx

(…)

Les fenêtres des blockhaus que l’on explorait enfant fabriquent des impressions semblables en découpant les plages depuis leur bouche d’ombre. Les postes de surveillance des secouristes ont parfois cet aspect de miradors et des images ambivalentes se mêlent. Lire la suite →

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la sensation par les yeux, Marc Desgrandchamps


« De tout, il restera trois choses : la certitude que tout était en train de commencer, la certitude qu’il fallait continuer, la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé. »
F. Pessoa

« Le soleil rendait tout moderne ».
J. Berger

Il faut que nos vies soient singulièrement imaginaires pour que par le seul canal de nos yeux des sensations traversent et émeuvent le corps. Pour qu’une image des plus fruste parfois nous attendrisse ou nous cambre en éveillant dans la chair la sensation d’une odeur, d’un contact, d’une imperceptible vibration de l’air. Lire la suite →

messager

au déséquilibre


« Je m’accroche à mon propre déséquilibre »
Ghérasim Luca

Il existe toute sorte de connaissances, ou pour mieux dire, de formes de connaissances. Lire la suite →

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à cette âme


« L’adulte a vendu l’étendue pour le repérage » (Henri Michaux)

« Le poème ne s’arrête jamais parce que rien n’arrête le chant » (Antoine Emaz)

« Cogito : ma pensée se distingue du savoir, des processus de connaissance – mémoire, imagination, raison déductive, finesse et géométrie… externalisés, avec synapses et neurones, dans l’ordinateur. Mieux : je pense, j’invente si je m’en écarte. Je me convertis à ce vide, à cet air impalpable, à cette âme, dont le mot traduit ce vent. (…) j’invente si je parviens à ce vide. » (Michel Serres) Lire la suite →

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les échos de l’image


Je ne devais pas avoir dix ans. Le souvenir d’un couloir avec d’abord sur ma gauche la salle d’attente avec banquette orange en toile épaisse. Lire la suite →

paysage 158_2018

Image-moment


-Ce qui est extraordinaire, lui dis-je, c’est la façon dont vous savez regarder les choses !
-Mais pas du tout ! Ce sont les choses qui me regardent !
Raymond Guérin/Curzio Malaparte

Note : j’ai vérifié souvent ce retournement qui fait que les objets les plus opaques et les murs les plus aveugles font l’effet de là où ils sont de répondre quelques fois d’un regard. Lire la suite →

kantinka bock IAC

le goût des traces


« L’homme est muet, c’est l’image qui parle ».
André Du Bouchet

« La merveille des traits et des mots, on l’oublie, est due à ce qu’ils mènent ailleurs -, avant d’impitoyablement nous tirer à eux, à nous. De nous mener d’abord à ce que nous voyons ».
André Du Bouchet

« Un tableau reste contemporain de celui qui le regarde, même s’il a été peint il y a longtemps. Une photographie est-elle contemporaine d’autre chose que du moment où elle a été prise ? »
Emmanuel Hocquard Lire la suite →

john Berger

A ton tour


Deux hommes, père et fils s’envoient des images accompagnées de quelques mots. Au fil des jours se fait un dialogue, se manifeste ce que c’est qu’entendre, que lire. Lire la suite →

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Constellations


L’existence à un caractère étendu. Chaque vie à sa durée, l’espace et le temps leur géographie. Les formes se chevauchent, s’emboitent, s’interpénètrent, se combinent parfois et puis se succèdent quand une manière de rythme les détache. Ce sont la subjectivité et les jeux du hasard qui lèvent des figures, hérissent des reliefs, fondent des lieux comme autant de points disséminés, autant de traces. Nos propres mouvements, parcours et dérives, obsessions, nécessités aux arguments divers y dessinent des liens, une heuristique, des constellations. C’est le visage occasionnel que nous fait la vie, notre géométrie. Comme le regard lui-même a ses lacunes et points de focalisation ou d’insistance. Lire la suite →