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necro


Confession : à part une courte période, lycéen peut-être, un peu avant ou un peu après, sensibilité adolescente, romantisme, attrait pour les virtuosités graphiques, je suis toujours passé à côté des grandes toiles sombres de Velickovic, dessins vigoureux à la plume ou au pinceau, pleins de tensions et de torsions, familiers de cette beauté convulsive qu’annonçait Breton et que je voulais bien entendre pourtant. Lire la suite →

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Edouard, Peggy et l’énigme du puits


Qui sait quel homme, quelle femme, si c’était là une chose qui engageait d’être seul ou participait d’un rituel mobilisant un groupe, si un allait là en « mission » pour les autres ? Pourquoi il avait fallu aller si profond dans l’obscurité de la grotte, dans ce puits si compliqué, si périlleux d’accès et pourquoi ces figures ? L’animal, semble-t-il, éviscéré et cette figure humaine étrangement schématique, étrangement basculée, étrangement ithyphallique dont la tête comme d’oiseau en fait une sorte de dieu égyptien, de pictogramme presque en regard du soin réaliste appliqué aux animaux alentours ? Lire la suite →

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Martial


« si bien que si les bêtes composent un univers à part, n’occupant la ville que sporadiquement et sous le couvre-feu tacite du négatif, fantomatiques, bougonnes, dédaigneuses non moins et codifiant les règles d’une aristocratie vagabonde, elles obsèdent la quiétude des nantis, trahissent les angoisses refoulées pour, délinquantes post-modernes, faire de nos vies de chien l’emblème d’un refus larvé de la normalisation en cours.  »
Lionel Bourg

Parce qu’il y en a toujours, et parfois on les dédaigne seulement, parfois s’étonne de cet aveuglement, parfois s’encolère, dont le calcul propre des règles de vie auquel s’adosse leur politique ne voit, ne peut voir dans un dessin à la craie sur un trottoir—aussi bien une fleur perçant d’une fissure de béton— qu’une expression surnuméraire, parasite. Lire la suite →

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les heures (2) – l’heure blanche


Encore parfois évoque-t-on l’heure blanche, comme un moment mat sur lequel rien n’aurait imprimé. Un pur moment de sidération, comme étendu, étiré et sans muret autour. Pareille à ces nuits blanches elle serait comme un « déraillage » du système, une surface sur laquelle l’esprit patine, une retenue d’eau. Un moment de suspension, une disponibilité inédite, comme une porte dérobée. Lire la suite →

Paris Marais Porte

bien sûr


« La Nature a lieu, on n’y ajoutera pas ; que des cités, les voies ferrées et plusieurs inventions formant notre matériel.
Tout l’acte disponible, à jamais et seulement, reste de saisir les rapports, entre temps, rares ou multipliés ; d’après quelque état intérieur et que l’on veuille à son gré étendre, simplifier le monde.
À l’égal de créer : la notion d’un objet, échappant qui fait défaut. »
Mallarmé Lire la suite →

ligne

Les heures


Les livres d’Heures avaient, au Moyen-Age dans l’Europe chrétienne, cette fonction de consigner à l’usage des laïcs la liturgie des Heures, cette prière quotidienne divisée en Offices organisant la vie religieuse tout au long de la journée. Lire la suite →

Rafael grassi

le mot chien ne mord pas


« le mot chien ne mord pas »
(attribué à F. Saussure et peut-être avant lui à Aristote)

On médite et conjoncture sur ces premières fois où l’un de nos lointains ancêtres aura tracé volontairement un signe ou une figure en la voyant sous sa main se décoller d’elle-même comme trace pour s’insinuer dans l’espace de l’imaginaire, signe. Lire la suite →

atelier Fabio viscogliosi

images, imager, imagination, imaginaire


« le monde devrait rester à l’état de maquette, parsemé d’ébauches et de petits croquis »
W. Benjamin

« Ce que je fais m’apprends ce que je cherche »
P. Soulages

Et sans doute ne le sait-il pas non plus lui-même, ce qu’il mobilise, ce qu’il cherche ou ce qu’un désir obscur, tâtonnant et pourtant sûr dans ses moyens entreprend par ses images de mettre à jour ? Lire la suite →

chemin vers les points de vue_FK

Fantasmagories (ou l’art de faire parler des fantômes en public)


« Peintres et sculpteurs puisent souvent dans la nature plus que la matière première et le modèle de leurs œuvres. Il leur arrive même d’annexer à celles-ci des éléments que la nature leur propose ou de constituer, avec ou sans retouches, leur butin en ouvrages originaux, qu’ils n’ont ensuite qu’à reconnaître au sens fort et juridique du terme. Au hasard d’une promenade, ils ramassent épaves séduisantes et débris inattendus. Il s’agit de trouvailles fortuites : d’aubaines ».
Roger Caillois Lire la suite →

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l’équivoque, Marc Desgrandchamps (2)


« Depuis longtemps, le monde porte en lui le rêve d’une chose, le rêve d’une chose dont il lui faudrait prendre conscience pour la posséder réellement. »
Karl Marx

(…)

Les fenêtres des blockhaus que l’on explorait enfant fabriquent des impressions semblables en découpant les plages depuis leur bouche d’ombre. Les postes de surveillance des secouristes ont parfois cet aspect de miradors et des images ambivalentes se mêlent. Lire la suite →