robin kid

On prend note des désastres du monde


« Ainsi, le flux d’images déversé dans nos yeux devient notre activité « spirituelle » tout en gardant l’apparence d’un spectacle inoffensif. (…) Tant qu’il est occupé par ce flot visuel dont l’invasion est continue, notre esprit ne le pense pas pour la raison qu’il n’a pas besoin de se représenter ce qui, tout en l’occupant, ne cesse pas d’être devant ses yeux. »
Bernard Noël, Le cerveau disponible.

On prend note des désastres du monde, des mille perversions qui fleurissent dans les parages de nos gestes, au milieu même de nos rêves. On écrit la proximité de nos divertissements et de nos crimes. Comme la folie traverse et infuse nos vies. Lire la suite →

lile aux fleurs

Fin du monde et fin de mois.


Pousse ton genou, j’passe la troisième
Ça fait jamais qu’une borne que tu m’aimes
Je sais pas si je veux te connaître plus loin
Arrête de me dire que je vais pas bien
C’est comment qu’on freine
Je voudrais descendre de là
C’est comment qu’on freine
Cascadeur sous Ponce-Pilate
J’cherche un circuit pour que j’m'éclate
L’allume-cigare je peux contrôler
Les vitesses c’est déjà plus calé
C’est comment qu’on freine
Tous ces cosaques me rayent le canon
Je nage dans le goulag je rêve d’évasion
Caractériel je sais pas dire oui
Dans ma pauvre cervelle carton bouilli
C’est comment qu’on freine
Je m’acolyte trop avec moi-même
Je me colle au pare-brise ça me gêne
Ça sent le cramé sous les projos
Regarde où j’en suis je tringle aux rideaux
C’est qu’on freine
Je voudrais descendre de là

(Gainsbourg/Baschung)

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Franz_Reichelt

voir des corps tomber


Le désir de connaitre, de savoir, se mêle à une pulsion destructrice. Le Prince Albert 1er de Monaco, pionnier de la protection des milieux marins à qui l’on doit le musée océanographique lèguera dans un même temps à celui-ci les précieux trophées de son amour cruel. Ses mémoires ont l’odeur de la poudre et du sang. Son carnet de chasse en rend sinistrement compte. Elles s’élèvent à plusieurs centaines par an. Entre 1861 et 1906 il a tiré 31751 cartouches et fait 18 811 « prises ». Lire la suite →

MAISETTI-DYTAR

Arnaud Maïsetti, Saint-Just & des poussières – Jean Dytar, #J’accuse


En cette fin de mois d’août, pour accompagner cette rentrée de septembre, paraissent deux livres écrits par deux compagnons de route qui, si dissemblables par le ton, le sujet ou la forme qu’ils soient, se saisissent tout deux d’un moment de l’histoire, d’un nom, pour suggérer une lecture critique de notre propre présent et incidemment questionner les rapports que nous avons aux images.
A Arnaud Maïsetti on doit le fiévreux Saint-Just & des poussières, plongeant dans le corps convulsif de la Révolution. Portrait fauve d’un homme comme d’une période, des désirs et de l’insoumission, fougueux comme un chant, lyrique comme une Ode. A Jean Dytar, #J’accuse, roman graphique ciselé et fouillé qui mêle les temps pour nous faire revivre le débat médiatique sur fond d’antisémitisme qui a pris ce que l’on a appelé l’affaire Dreyfus et auquel n’ont rien à envier nos actuels réseaux sociaux et les polémistes les plus écœurants. Lire la suite →

laure tiberghien

Laure Tiberghien, impressions


Il était inscrit dans le programme de la photographie qu’elle devait se situer à proximité de l’écriture et de l’imprimerie parmi les arts de la mémoire. Hélio-graphie ou photo-graphie (que l’on considère en grec le soleil ou la lumière en général), elle consistait littéralement en l’inscription par la lumière, considérée alors avec Talbot comme « le crayon de la nature », d’une réalité visible à laquelle l’œil photographique faisait face et dont la plaque, comme la rétine, était garante. Lire la suite →

richard long

Cedric Lerible, de ce pas.


La République En Marche, Le Rassemblement National, Les Républicains, Le Mouvement Démocrate, Le Mouvement Radical, Agir, La France Insoumise…
A chaque fois j’entends la Marseillaise. Je veux dire, cet élan, cette fierté. De l’orgueil même. Une propension à l’héroïsme. Les torses se bombent, les voies respiratoires s’oxygènent, les têtes s’embustent de marbre, à la romaine. C’est plein de majuscules. L’hémicycle est en bois vernis, lustré, on s’apostrophe, le doigt comme le St-Jean-Baptiste de De Vinci. Il y a toute une pantomime des majuscules. Lire la suite →

madame-cezanne-au-fauteuil-jaune

Notes sur Cézanne


Je me laissais intriguer positivement lorsque je les découvrais avec les œuvres de Van Gogh, de Monet et quelques autres, par les portraits de Cézanne ; leur caractère à la fois massif et bancal, extrêmement soignés, maniaques par certains aspects, tout en même temps que sommaires, bruts, approximatifs ou gauches. Lire la suite →

Capri

L’immobilité dans le mouvement, lettre à Blandine.


Tu regardes depuis ton balcon « un arbre aux verts tendres s’agiter dans la cour. » « Ce mouvement de l’arbre dans le vent, dis-tu, sous cette légère pluie d’avril, rejoint celui des vagues, celui du sang, l’idée que l’on s’en fait.» Lire la suite →

Pierre Bergounioux L'empreinte

L’empreinte, géologies, lundi, enfantillages, métamorphoses et autres récits


« Je savais, obscurément »
P. Bergounioux

Dans un même mouvement, l’écriture adresse à qui lira un récit qui instaure un partage, travaille à communiquer une expérience à qui ne l’a pas faite et alors l’imagine, et simultanément s’apparente à une voix intérieure qui tente de verbaliser et d’ordonner pour soi-même ce qu’il nous a semblé vivre et dont cette forme de recul rétrospectif pourrait éclairer, objectiver la réalité. Expliquant pour les autres on se fait récit, s’explicite à soi-même. Lire la suite →

laurent_proux

Laurent Proux, Soft Grass


Je m’imagine quelques fois dans mes errances — je ne pense pas être le seul— un peu collectionneur et détaché de tout soucis d’argent, me glissant sans façon sous le bras ou les disposant sur des murs aux dimensions élastiques les œuvres qui me retiennent pour composer une sorte de musée idéal ou un portrait subjectif et sélectif de l’art de mon époque. Lire la suite →