monet

le temps du regard


On a beau être là, les yeux ouverts face au paysage, regarder un mur de pierre dressé comme en travers du temps, tenir dans l’espace de la vue un large pan d’horizon, et du ciel, l’image que l’on s’en fait au-dedans n’a rien d’immédiat, d’instantané. Lire la suite →

cristof yvore

Yvoré, fleurs, pots, murs


« Rien ici parle dérision ou alors traduire par: mépris absolu des conventions ».
Gérard Gasiorowski

« faire quelque chose avec ça »
Cristof Yvoré

Ce fut très incidemment et par un chemin dont je ne me souviens ni des sinuosités ni de la pente. C’est si souvent maintenant que les choses vous parviennent au hasard d’une publication sur les réseaux sociaux, d’une image qui pointe dans le champ des images qui défilent et sur lesquelles le regard ne fait que glisser. A l’écran, dans la structure verticale des pages qui en fait le décor d’une chute infinie, tout acquière cette texture lisse qui fait que l’œil coure comme on le fait sur un tapis électrique d’une salle de sport, avalant virtuellement les distances, immobile, sans véritable accroche, sans trop savoir comment s’arrêter, sans trop savoir comment en sortir. Lire la suite →

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MDV


« Cette ouverture au monde dont se prévalent les philosophes, n’est-elle pas une ré-ouverture au monde prestigieux des premières contemplations ? »
Gaston Bachelard

C’est une observation que je suis persuadé d’avoir lu chez Michelet, dans son livre sur la mer, mais que je n’ai pas réussi à y retrouver les quelques fois où j’ai repris le texte pour en extraire la phrase exacte. Soit qu’elle se soit malicieusement lovée dans ses nombreux plis, soit, comme il arrive parfois par les distorsions de la mémoire, qu’elle relève en réalité du sous-texte que je me suis fait à la lecture, une extrapolation mentale, une invention. Lire la suite →

Detail of Rembrandt Self-Portrait, 1659

Rbdt


« Le présent n’est qu’un jeu ou un massacre d’archers »
René Char

Il nait en 1606 à Leyde, en Hollande, alors province des Pays-Bas. Ville que je ne situe pas, dans un pays dont je ne connais ni la langue ni l’histoire, très vaguement la géographie (seulement que le terme de hollande dit dans cette langue d’alors que la région est de terres boisées) et presque rien de toutes ces choses qui modèlent la sensibilité, le caractère, favorisent certaines pensées, certaines attitudes, en inhibant d’autres. L’héritage, le contexte, l’environnement et le milieu. Lire la suite →

mallarmé

hasarder


« La science en voie de se faire à deux aspects. Ce qu’on pourrait appeler science de jour et science de nuit. La science de jour met en jeu des raisonnements qui s’articulent comme des engrenages, des résultats qui ont la force de la certitude. […] La science de nuit, au contraire, erre à l’aveugle. Elle hésite, trébuche, recule, transpire, se réveille en sursaut. Doutant de tout, elle se cherche, s’interroge, se reprend sans cesse. C’est une sorte d’atelier du possible où s’élabore ce qui deviendra le matériau de la science. »
François Jacob (prix Nobel de médecine en 1965) Lire la suite →

Parler-peau

Parler peau


L’amour désigne dans les métiers de l’impression la qualité du contact entre la matrice et la feuille qui déterminera la qualité du tirage. Lire la suite →

Greco-Espolio-Lyon

El Greco


On ne voit jamais bien d’où sortent les singuliers et par quel mouvement, pas de côté, par quel geste ils s’extraient, s’affranchissent d’une certaine manière de penser, de sentir ou d’agir qui fait le monde de leurs contemporains pour en susciter une alternative. Ce qu’il aura fallu qu’ils vivent ou qu’ils ignorent, ce à quoi ils auront dû se frotter, ce qu’ils auront dû fréquenter, entretenir, et la volonté alors qu’ils avaient à cœur contre l’évidence, contre la norme, contre le nombre, d’exercer, portés par une foi, un désir, une vision, un horizon qu’ils avaient à définir. A moins que ce soit inconsciemment, sans latitude, par une tournure involontaire, une nécessité presque mécanique, et malgré eux ou sans savoir. En souffrance parfois. Lire la suite →

zahn

Regard et autorité


« pan en panti» (Tout est dans tout )
Anaxagore

Si, à peine nous ouvrons les paupières, toute l’animation du visible nous pénètre, sollicitant notre rétine à la manière d’un bombardement lumineux à travers lequel se forment des espaces, des textures, des mouvements, le regard oppose à cette submersion subie, réception passive, un mouvement paradoxal de projection. Lire la suite →

'Les_Platanes_à_Céret'_by_Chaïm_Soutine,_c_1920

Lombes


« Chaque objet contemplé, chaque grand nom murmuré est le départ d’un rêve et d’un vers, c’est un mouvement linguistique créateur ».
G. Bachelard

« On collecte les mots dans un carnet telles des plantes dans un herbier ».
Gilles A. Tiberghien Lire la suite →

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Être prédestiné au labyrinthe


« Être prédestiné au labyrinthe »
F. Nietzsche

« Dans chaque musée, partout autour du monde, on a telle ou telle toile qui fait qu’on reviendrait ici uniquement pour la voir. Ce qui n’empêche pas le goût des grandes expos monographies, mais qu’importe d’avoir à attendre le temps qu’il faut pour revenir à Berlin ou Chicago, ça force à intérioriser, c’est comme les souvenirs des intensités liées à sa propre vie en fait. On les retrouve donc, ces toiles, comme un de ces vieux copains qu’on ne croise pas souvent, et on est tout surpris de la fixité de ce qui s’exprime dans le visage ou la relation même. »
F. Bon Lire la suite →