mireilleblanc

goûter les images, Mireille Blanc.


On ne sait jamais bien dans quel archipel de réalités les choses chaloupent. Ni auxquelles nous nous rendons successivement par paresse, étroitesse cognitive ou au grès de courants, de dérives et par affinités personnelles. Mais chaque réalité que nous nommons telle, cédant sur le fait qu’elle n’est jamais qu’une réalité possible, avoue par là même sa nature artefactuelle. Lire la suite →

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Florida, de Jean Dytar.


On le sait pour suivre à distance le travail d’années en années, chacun des romans graphiques de Jean Dytar est le précipité d’un travail colossal. Travail de documentation, de recherches, d’écriture à la fois romanesque et graphique où rien n’est laissé au hasard ou à l’approximation. Lire la suite →

fondation maeght giacometti

une vie bougée


C’est tout petit. C’est dérisoire au fond. Non seulement une vie d’homme, mais ce que d’ordinaire on en fait, ce à quoi elle nous laisse atteindre. Lire la suite →

sempé

plaidoyer pour les friches


Il faut dire que je me projetais aisément, enfant, dans les illustrations tremblées des Petit Nicolas quand un petit groupe se réunissait après l’école dans un terrain vague au milieu des herbes hautes et des roues de vélo tordues pour jouer à tracer la route dans une carcasse de voiture affaissée. Lire la suite →

utopia

ZAD


Il avait été imaginé -par qui et pour quoi ?- qu’ici serait bâti un aéroport gigantesque.
A ce qui s’envisageait dans le secret de quelque élan d’égo et pour marquer peut-être une foi et le symbole par lequel ses fidèles se reconnaitraient, on avait donné des raisons pragmatiques : les nécessités du trafic aérien, le sous-dimensionnement des structures existantes. Les justifications techniques dédouanent, il suffit de nommer des experts, de brandir le bon sens. Lire la suite →

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Tout ce que je perçois, tout ce que j’entends


Tout ce que je perçois, tout ce que j’entends constitue ce que j’assemble vaguement sous l’idée de mon monde. Un monde que l’on aura l’habitude par raccourci de langage et raccourci de pensée de dire le monde, comme s’il ne devait y en avoir qu’un et qu’il se livrerait à nous, du moins dans ses grandes lignes, le plus naturellement du monde, dans une immédiateté qui fait oublier sa nature de représentation. Lire la suite →

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(une image s’avance)


Rien, après l’acquisition du langage au moins, et même certainement avant, dès l’apparition confuse encore d’une conscience primitive dans la vie embryonnaire, ne se donne nu, dans son éblouissement premier, insulaire, mat. Lire la suite →

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Florent Lamouroux, l’âme et la mue


Ces notes sont une réaction dans le travail et l’amitié à une discussion avec Florent Lamouroux. Il m’a tendu un titre, j’ai tenté de le déplier pour moi.
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On reconnait s’inscrire dans un commerce des regards, dans une économie des visibilités : voir c’est aussi être vu. S’y joue incidemment une lutte sans contact où chacun a à surmonter un devenir objet qui est aussi un devenir-proie dans l’assignation du regard ; à affirmer sa capacité à être acteur de cette relation en opposant à celui qui le pointe son propre regard. Lire la suite →

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Marine Joatton (dérives à partir de quelques tableaux de)


Tout à l’heure vous teniez le bol dans les mains, goutant la chaleur et les rugosités glacées de son vernis. La boisson venait réconforter un peu la confusion dans laquelle vous plongeaient des pensées mêlées rayant la surface de votre conscience comme le vol d’une nuée de chauve-souris. Lire la suite →

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Lettre à Valérie (2)


Après avoir visité l’année dernière la réplique de Chauvet, j’ai profité ces derniers jours de ma résidence corrézienne pour aller voir ce qu’il en était de Lascaux dans sa dernière reconstitution. Lire la suite →