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Regard et autorité


« pan en panti» (Tout est dans tout )
Anaxagore

Si, à peine nous ouvrons les paupières, toute l’animation du visible nous pénètre, sollicitant notre rétine à la manière d’un bombardement lumineux à travers lequel se forment des espaces, des textures, des mouvements, le regard oppose à cette submersion subie, réception passive, un mouvement paradoxal de projection. Lire la suite →

'Les_Platanes_à_Céret'_by_Chaïm_Soutine,_c_1920

Lombes


« Chaque objet contemplé, chaque grand nom murmuré est le départ d’un rêve et d’un vers, c’est un mouvement linguistique créateur ».
G. Bachelard

« On collecte les mots dans un carnet telles des plantes dans un herbier ».
Gilles A. Tiberghien Lire la suite →

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Être prédestiné au labyrinthe


« Être prédestiné au labyrinthe »
F. Nietzsche

« Dans chaque musée, partout autour du monde, on a telle ou telle toile qui fait qu’on reviendrait ici uniquement pour la voir. Ce qui n’empêche pas le goût des grandes expos monographies, mais qu’importe d’avoir à attendre le temps qu’il faut pour revenir à Berlin ou Chicago, ça force à intérioriser, c’est comme les souvenirs des intensités liées à sa propre vie en fait. On les retrouve donc, ces toiles, comme un de ces vieux copains qu’on ne croise pas souvent, et on est tout surpris de la fixité de ce qui s’exprime dans le visage ou la relation même. »
F. Bon Lire la suite →

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Raùl D à l’URDLA


Difficile de parler d’exposition. Et le mot d’installation semble encore trop étroit pour cerner un peu ce qui se joue ici. Dispositif, terme trop technique et désincarné assèche ce qu’il pourrait y avoir de poétique. On en restera alors faute de mieux à parler de proposition, accordant qu’il ne s’agit là ni d’un exercice de monstration ou de scénographie de pièces existantes, ni tout à fait du déploiement d’une seule œuvre, mais d’une sorte de récit composite, offrant à expérimenter un espace : la configuration suggestive d’un lieu singulier. Lire la suite →

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Aller voir Baboulène


Des barques sur un quai, au mouillage, des collines, champs de lavandes ou vignes, oliviers, un mas provençal ou une table de cuisine avec rouget et oursins, bouteille de vin, bouquet de fleurs dans un vase émaillé. Les sujets sont connus, épuisés par les marchés, les petites galeries de Provence qui proposent des tableaux comme des cartes postales, des bibelots de boutiques souvenir. Lire la suite →

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Confession : à part une courte période, lycéen peut-être, un peu avant ou un peu après, sensibilité adolescente, romantisme, attrait pour les virtuosités graphiques, je suis toujours passé à côté des grandes toiles sombres de Velickovic, dessins vigoureux à la plume ou au pinceau, pleins de tensions et de torsions, familiers de cette beauté convulsive qu’annonçait Breton et que je voulais bien entendre pourtant. Lire la suite →

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Edouard, Peggy et l’énigme du puits


Qui sait quel homme, quelle femme, si c’était là une chose qui engageait d’être seul ou participait d’un rituel mobilisant un groupe, si un allait là en « mission » pour les autres ? Pourquoi il avait fallu aller si profond dans l’obscurité de la grotte, dans ce puits si compliqué, si périlleux d’accès et pourquoi ces figures ? L’animal, semble-t-il, éviscéré et cette figure humaine étrangement schématique, étrangement basculée, étrangement ithyphallique dont la tête comme d’oiseau en fait une sorte de dieu égyptien, de pictogramme presque en regard du soin réaliste appliqué aux animaux alentours ? Lire la suite →

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Martial


« si bien que si les bêtes composent un univers à part, n’occupant la ville que sporadiquement et sous le couvre-feu tacite du négatif, fantomatiques, bougonnes, dédaigneuses non moins et codifiant les règles d’une aristocratie vagabonde, elles obsèdent la quiétude des nantis, trahissent les angoisses refoulées pour, délinquantes post-modernes, faire de nos vies de chien l’emblème d’un refus larvé de la normalisation en cours.  »
Lionel Bourg

Parce qu’il y en a toujours, et parfois on les dédaigne seulement, parfois s’étonne de cet aveuglement, parfois s’encolère, dont le calcul propre des règles de vie auquel s’adosse leur politique ne voit, ne peut voir dans un dessin à la craie sur un trottoir—aussi bien une fleur perçant d’une fissure de béton— qu’une expression surnuméraire, parasite. Lire la suite →

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les heures (2) – l’heure blanche


Encore parfois évoque-t-on l’heure blanche, comme un moment mat sur lequel rien n’aurait imprimé. Un pur moment de sidération, comme étendu, étiré et sans muret autour. Pareille à ces nuits blanches elle serait comme un « déraillage » du système, une surface sur laquelle l’esprit patine, une retenue d’eau. Un moment de suspension, une disponibilité inédite, comme une porte dérobée. Lire la suite →

Paris Marais Porte

bien sûr


« La Nature a lieu, on n’y ajoutera pas ; que des cités, les voies ferrées et plusieurs inventions formant notre matériel.
Tout l’acte disponible, à jamais et seulement, reste de saisir les rapports, entre temps, rares ou multipliés ; d’après quelque état intérieur et que l’on veuille à son gré étendre, simplifier le monde.
À l’égal de créer : la notion d’un objet, échappant qui fait défaut. »
Mallarmé Lire la suite →