selfie

Selfie lent


« Quant aux choses, elles fuient dans un éloignement que nulle pensée ne franchit »
Maurice Merleau-Ponty

« Il faudrait faire la consigne de chaque chose et l’affoler »
Armand Dupuy

Sans doute quelque chose en nous aime la pureté comme on place haut l’évidence du cristal, la façon dans la géométrie qu’à le nom de répondre à la chose. Lire la suite →

bon

Où finit la ville


François Bon écrit. Et il fait aussi des livres. Même si ces derniers temps on l’écoute les parler, mettre en scène sa parole avec gestes et mimiques et filmer aussi ce qui la fait se mettre en marche, sinuer, ricocher.
Il fait des livres-sites et puis des livres-films, comme toujours entrouverts et de plus en plus portés par le déséquilibre qui les sollicite. Lire la suite →

sur la corniche

Témoigner de ce qui ne se laisse pas dire


On arrive sur le parking, se range sur la place encore libre près de l’entrée et bientôt par un furtif jeu de miroir mental on s’aperçoit être déjà dans ses gestes de chaque jour. On s’éveille à soi-même par le milieu. Le trajet, on l’a fait sans savoir. Lire la suite →

bustamante

Grandes vacances et traces de traces


Il ne s’agit pas de peindre les choses, note Mallarmé (comme si elles n’étaient rien pour nous et que nous étions nous-mêmes rendus à une objectivité mécanique monstrueuse), mais l’effet ou les effets qu’elles produisent sur notre propre sensibilité. Ce qu’elles émeuvent, irritent ou caressent en traversant l’espace psychique et comme vibratile dont nos sens ont creusé le tunnel. Lire la suite →

Nicholas

indiscrétions de Nicholas Anthony Mancini


Quand tu me regardais
tes yeux venaient graver ta grâce en moi
c’est pourquoi tu m’aimais
et les miens méritaient
d’adorer ce qu’en toi ils voyaient.
St Jean de la Croix

Virginia Woolf dit la nécessité, afin d’engager ce dialogue intime et silencieux en lequel peut s’élaborer une œuvre, se formuler une pensée, d’une certaine indépendance matérielle : « quelque argent et une chambre à soi ». Si l’expérience se fait dans l’action, dans l’espace des gestes, des paroles échangées sur la crête du présent, les œuvres et les récits, la conscience dont ils sont des formes associées ont lieu à contretemps, dans un mouvement d’écart. En vérité, il s’agit de revenir, après l’oubli de soi, vers ce qui, d’être trop près, confondu aux mouvements, nous apparait comme une absence, une lacune, quelque chose dont on a été distrait. Aussi, comme l’écrivait Paul Klee, « l’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible », ou tangible, ou intelligible parfois. Il restitue sous des modes particuliers susceptibles d’être développés, dépliés, poursuivis selon les cartographies que l’on veut, ce qui tire sa matière d’un mouvement d’éclipse, d’un sentiment, d’une intuition vague semblable à ce qui se laisse apercevoir furtivement dans la périphérie du champ visuel. Lire la suite →

donjon

Regarder voir


Voir, est-ce nécessairement rebondir et ricocher, toujours s’éloigner de l’objet réel de la vue pour en relever, en rassembler le champ lexical en un enchainement d’associations diverses ? Lire la suite →

claire chesnier

langueurs


« Il suffit que je réfléchisse à tous les plaisirs que me donnent les tableaux de Bram et Geer van Velde pour que je les sente m’échapper dans un éboulement innombrable. »
S. Beckett Lire la suite →

the-undercliff-1828

R.P. Bonington, the undercliff


Elles ont du ventre, comme les immeubles de la vieille ville entre lesquels on sinue en échappant à la chaleur l’été, les falaises que peint Richard Parkes Bonington en août 1828. Leur masse claire ressemble à celle d’un iceberg. Lire la suite →

courbet_vague

Courbet, les vagues


Il y a aussi cette mer orageuse que je ne retrouve pas au catalogue raisonné, datée 1869-70, plus sauvage encore que celles des musées d’Orsay ou de Lyon. Aucun naufrage, aucun récit édifiant. Pourtant, ce n’est pas Vinci accompagnant ses observations de dessins à la plume mettant en évidence la dynamique des fluides dans ses feuilles d’étude d’eau, ses dessins de déluges et tempêtes. Lire la suite →

elles en ont tant rêvé

Figures mélancoliques


La douce quiétude de ces figures alanguies, faméliques ou lascives absorbe, entant qu’objet clair et lisible, presque hétérogène au monde auquel ils ont part, en manière de réserves, émergeant d’un paysage baroque, l’énergie folle, dionysiaque, dont elles ont été témoin, le travail de dépense, au sens bataillien du terme, auquel ne peut engager qu’une inquiétude et une intranquillité profondes. Lire la suite →