Que dire alors de Béatrice Rilos ? Que nous avons partagé un moment les ateliers des Beaux-arts, à Paris. Qu'elle y pratiquait plus particulièrement la performance (le mot déjà est vague). Qu'il y était question d'intime, de petits rituels, d'écriture aussi. Qu'elle fréquentait l'atelier de CHristian Boltanski. Qu'une fois j'avais écouté des extraits qu'elle faisait lire dans le dos de qui voulait bien s'y soumettre. Il y avait François Bon pas loin. Et puis un livre qui devait sortir au Seuil. A un autre moment elle me dira la compagnie de ses cactées alors que l'on traverse République à pied. Sur son blog tout le monde pourra suivre la cueillette patiente de ses exuvies et le dialogue avec Paul Armand Gette. Et d'autres livres encore témoignant de son histoire intime, du politique, de son usage littéraire ou romanesque de Twitter. Souvent les choses se mêleront entre fiction, biographie, esthétique de la forme. Aujourd'hui, elle nous donne à lire un récit presque halluciné, égrenant à rebours son histoire la plus personnelle et c'est peut-être de ça au fond dont il s'est toujours agit : se chercher soi dans la perspective du monde, remonter à ce creux depuis lequel nous percevons l'alentour.
Béatrice Rilos, Nous aurions dormi vingt ans, éditions Publie.nethttp://www.publie.net/fr/ebook/9782814596719/nous-aurions-dormi-vingt-ans, 2012.