la connaissance par l'échec
Le cas Kippenberger : Un grand maler (à peindre).

Dans une note du catalogue de la société anonyme de 1949, Marcel Duchamp décrit la carrière de Picabia comme une suite kaléidoscopique d'expériences artistiques à peine reliées entre elles témoignant par leur refus des dogmes et appartenances du caractère libre de son art.

C'est d'une semblable liberté dont nous fait part Kippenberger.

La liberté n'est pas un idylle de guimauve.

Tenante de l'absurde elle est sœur de la folie. Comment briser le verre sans répandre l'eau qu'il contient ?

Grégoire Lacroix nous avait fait part de son inquiétude : si le Paradis à une porte c'est qu'il a aussi des murs.

A commencer par constater, dans une sorte de double bind pervers, que le bordel est une forme raffinée.

Le mauvais n'est pas sans intérêt, le sans intérêt en a déjà, ne rien dire est déjà une expression...etc

Enlevez les règles qui canalisent et vous avez devant vous un magma de confusions et de contradictions. Notez que s'il y a contradiction c'est qu'il y a encore survivance de vieux mythes à opposer.

Icônes pop du moment, personnalités politiques si possible opposées, visages médiatisés seront les ingrédients d'une grande soupe où importances et statuts se dissolvent.

Ne pas s'épargner, se compter parmi les ingrédients et faire l'expérience de la grandeur et de l'autodestruction, s'aduler en déchu, osciller entre narcissisme et auto ironie jusqu'à ne plus les différencier.

Faire des caprices (l'art n'en est-il pas un ?) jouer au cynique.

S'amuser avec le sérieux que nous avions au jeux quand nous étions enfants.

« élargir ses connaissance par l'échec » dit-il.

Beckett et « l'image ».