Parcouru la journée quelques expos, Mayaux 2 à l'espace 315, simples et récurrents avatars du surréalisme, côtoie les messagers , une rétrospective d'Annette Messager 3. Les collections déploient quelques acquisitions récentes. Dans les étages, la difficulté de l'exposition Beckett 4, littéraire et anglophone, archives ponctuées d'œuvres choisies. La confusion dans ce qu'essaierait de mettre en évidence l'expo airs de Paris 5. Dans la galerie de France, désormais Werner, cabinet graphique d'œuvres anciennes de Baselitz 6. Chez Templon, l'hyperréalisme pop d'Ulrich Lamsfuss 7, on est pas loin de John Currin ou Martin Parr, un mauvais goût qui oscille entre activisme et consensualité. Galerie Obadia, les travaux sur papier de Jorge Queiros.8, mêlent dessin et peinture dans des fantasmagories géologiques qui évoquent Oehlen et Kierkeby. Galerie Zürcher, les réalités factices de Katharina Ziemke 9, chez Nelson, Thomas Shütte 10.
Je rentre. Dans la main roulé le tunnel de Jean-luc Moulène 11. Je m'égare.
1. Agnès Jaoui, Canta -- tôt ou tard ©2006. Dans le train entre Madrid et Tolède, je filmais le paysage en pensant à Don Quichotte, dans la tête cette musique.
2. Philippe Mayaux, découvert lors d'une exposition à la villa Tamaris un été. Puis à la galerie Lovenbruck. Lors de la dernière fiac à Paris il était annoncé comme lauréat du prix Marcel Duchamp.
3. J'avais vu Casino, son intervention distinguée à la biennale de Venise mais ces scénographies de peluches ne m'enthousiasment pas. Je trouve ça gentil.
4. Je découvrais Beckett avec le dépeupleur, choisi sur une liste de lecture pour son nombre restreint de pages. J'y trouvais des images de l'homme en reptation épuisée et absurde. En faisais un tableau. Puis lisais mal vu mal dit qui me reviendra en mémoire lorsque je créais une courte vidéo éponyme lors d'un festival à Aix. Cap au pire, pour finir encore, fin de partie, le monde et le pantalon, l'image que j'ai prêté et ne retrouve plus. En attendant Godot vu au théâtre et qui avec oh les beaux jours me permettra d'aborder la dimension bouffonne de son univers. C'est à Marseille aussi (sans doute au mac) que je découvrais Quad, ses vidéos d'épuisement de la logique et de l'espace, chorégraphie énumérative absurde.
5. On y trouve pour commencer l'ampoule de Duchamp. Et au même titre qu'une expo du Palais de Tokyo, un panorama de la scène actuelle. Les thématiques qui dessinent une circulation complexe ne m'apportent rien de plus.
6. Des encres principalement, dessinent dans une lumière tamisée un cabinet d'art graphique dédié à un cycle ancien de Georg Baselitz réalisé entre 1962/63 sur l'œuvre clef « G.Antonin » et les dessins autour du manifeste. Ce que l'art moderne à de classique.
7. Jeune artiste berlinois de 36 ans. La peinture qui tente de se renouveler ou plutôt de se justifier, se légitimer, en s'employant à emprunter à la presse, aux médiats, le glamour de « peoples », les images de conflits, et d'autres documents transfigurés alors dans un académisme décadent.
8. Artiste d'origine portugaise vivant à Berlin. Tout semble avoir été vendu très tôt. Cette idée contemporaine d'esthétique hétérogène où quelques silhouettes confuses crayonnées semblent pouvoir évoquer Alberola ou Neo Rauch, tandis que quelque chose d'organique et pictural semble se développer à l'aventure dans un paysage mental raffiné qui évoquerait plutôt Per Kierkeby ou Albert Oehlen. Je pense encore à Gilgian Gelzer si ses encres et dessins se mêlaient davantage.
9. Katharina Ziemke diplômée en 2004 de l'atelier de Joel Kermarrec expose ici un ensemble de peintures, fragments du monde comme pris dans quelque chose de vitreux, un poli factice inhérent à la représentation. Si on pense au peintres belges Michaël Borremans ou Luc Tuymans, c'est que le regard posé par ceux là sur ces images du monde qui se donnent morcelées hésite pareillement entre tension dramatique, étrangeté et imagerie populaire. Que le temps là aussi semble figé par la photographie entre le deuil et le devenir.
10. Galerie désormais Nelson-Freeman. Nouvelle exposition de Thomas Schütte. On y trouve les sculptures à l'anthropomorphisme massif, les gravures ou encres sommaires, la série complète de portraits évoquant Messerschmitt et Daumier. Des maquettes composites et bariolées, combinaisons de meubles en bois et plexiglas coloré. Personnages de plastique. Parodie des utopies et jeux bricolés.
11. Le tunnel (anonyme), photographies de Jean-Luc Moulène relevant des phrases sur des murs. « le tué merci il faut creve l'homme ». Crimes commandités sur la peau d'un passage, revendications d'anonymes, d'une réalité sombre de la ville. Déjà paru aux éditions Al Dante© 2005.