Après ça, questionner notre iconoclasme du symbolique, notre acharnement à la démystification, vidange du regard et de l'intellection. Peut-être qu'une fois les symboles éloignés et désormais étrangers il faut encore laver la place avant d'en élaborer d'autres qui nous seraient propres, vraiment. Raser plutôt que réhabiliter. Peut-être une sorte de violence désespérée à nos armures donc à sois même car en finir c'est déjà provoquer quelque chose, quelque mouvement dans la mare. Hugo Ball à écrit dans la fuite hors du temps « peut-être est-il nécessaire de produire très énergiquement ce cahos et , par conséquent, cette dépossession totale de la foi, avant de pouvoir envisage une reconstruction solide, sur la base d'une foi différente. »Se déposséder de tout ce qui peut être enlevé comme on pèle un oignon. Pour atteindre enfin à la chose nue même si il n'est pas impossible qu'il ne reste rien, que la chose ne soit composée que d'enveloppes. Comme à une époque la raison proposait de désenchanter le vieux monde, il s'agirait aujourd'hui de neutraliser les derniers restes, aseptiser quitte à ne garder plus qu'un langage rhétorique, le style pour sujet, plus rien d'autre.
« Parlez-moi des formes, j'ai grand besoin d'inquiétude.
Grande femme, parle-moi des formes, ou bien je m'endors et je mène la grande vie, les mains prises dans le tête et la tête dans la bouche, dans la bouche bien close, langage intérieur. » (P.Eluard in « capitale de la douleur »)