C'est à une résistance semblable que nous confrontent les peintures d'Eugène Leroy. De quelque manière qu'on l'aborde, le tableau demeure réticent , et ceci au delà des principes de classification dont il se joue (puisqu'il ne s'agit ni exactement d'expressionnisme, ni de romantisme tout à fait, pas tellement d'abstraction ni de figure stricto sensu , inouï pour un classique et sans rien de semblable aux modernes), réticent à l'intérieur du cadre de la peinture.
Dans ce cadre en lequel on ne peut seulement s'absorber sous peine de le voir se dissoudre, ni pratiquer la pure contemplation dont on sait que l'objet profond est éminemment narcissique, l'œil se fait volontiers scrutateur d'un objet fuyant.
Ce que l'on veut actuellement, à l'instar du héros de Calvino, c'est simplement voir le tableau, c'est à dire saisir toutes ses composantes simultanées sans en négliger aucune.
Cela nous est refusé
pour conduire à une impression de densité irréductible que nous ne pouvons embrasser, seulement en parcourir les éléments avec la frustration de ce que la goutte d'eau que je retiens dans ma paume n'est rien de la mer immense et tumultueuse d'où pourtant je l'extrais.
En ce moment et jusqu'au 14 octobre« Autour de la Sorcière » à la Galerie de France.