du monde, des salons, des immeubles et de narcisse
Sans que nous ayons sans doute à y revenir si souvent s'impose cette curieuse évidence que le monde se soustrait. Il n'est à ce propos pas tant histoire de paire de jambes que de masque. Et sait-on comme le masque plus que toute belle coiffure fabrique le visage que cent choses assassinent. En un geste le masque met sous les yeux un détail du monde que celui-ci sinon à peu près efface. Parce qu'il va et ainsi se dérobe ou, c'est tout un, parce qu'il reste. Notons :quelque chose est dans l'objet agréable au regard, l'invite et y empêche. Que ce soit un visage qui glisse vers un profil que votre propre profil échappe vers l'idée d'une preste silhouette, ou l'immobilité sereine dont la présence excède.

Diderot remarquait comme aux murs des salons tapissés d'académies le mouvement est au mieux représenté par l'immobilité des figures selon un idéal de composition plus que d'expression. Nous jouissons de corps muets. Le spectateur accomplit le tableau par les mouvements que son corps et son regard dessinent, en se promenant. La vie dans le tableau n'est pas l'esquisse d'un mouvement mais la possibilité d'une mobilité de l'image dont le spectateur est la mise en perspective.

Je marchais pour voir comme une barre à la manière d'un compas-bulle tournait sur son plateau tandis que je tournais autour. La trame des fenêtres parle de centaines de vies, d'individualités collectives, le bloc à quelque chose de vertigineux, un certain rapport au ciel. L'architecture est une musique gelée pour qui a lu Schelling. A nos pensées abstraites le bâtiment est-il une prosaïque monade. Il n'est pas interdit de penser Narcisse tant qu'il voyait son reflet tenant bien à la berge, mais par une discrète contraction du cristallin, une question de distance dans le regard, il a vu l'eau. Derrière lui alors le monde qui se reflétait et lui tapait le dos.