« L'objet n'a d'autre résistance que celle de ses surfaces, et celles-ci parcourues, le langage doit se retirer ». L'image plane acquière un volume d'objet sans abandonner pour autant son statu de représentation, le temps, lui, s'objective. Il devient « le mouvement moins le temps ». Comme ces allos hypnagogiques qu'allèrent sonder Breton et les autres, sortes d'allucinations, de limbes.
« La profondeur ne naît, écrit encore Barthes, qu'au moment où le spectacle lui-même tourne lentement son ombre vers l'homme et commence à le regarder. » (3) Nous voyons l'aveuglement auquel, par procuration cinématographique, nous participons. Le minuscule laps de temps qui sépare le choc de la dispersion.
L'image prégnante apparaît lorsque sa saturation justement l'éclipse.(4)
(1) Pierre Bergounioux -- B-17 G épuisé chez Flohic, réédité par Argol. Postface de Pierre Michon. Image nodale sur laquelle P. Bergounioux reviendra à la manière du chasseur allemand. Son œuvre étant à l'image de la séquence la restitution par réactualisation incessante de la réalité d'une cata-strophe trouble, la quête d'un récit/vérité, de ce qu'il en est. (2) On pense aux trois beffrois pivotant de Proust dans du coté de chez Swan, l'écriture descriptive de Robbe-Grillet dans les gommes, les plans de Gus Van Sant dans Elephant ou encore Eric Rondepierre et ses Stances, parfois aux séquences que semblent construire les planches de châteaux d'eau des Becher.
(3) Roland Barthes -- Essais critiques. L'image apparait comme réfléchissant une perseption. (4) Plan final de L'éclipse d'Antonioni.