Une sensation de cinéma
Melik Ohanian rapatrie le documentaire censuré de Peter Watkins « Punishment Park » sur les lieux même de son tournage et le projette dans le vide. Le projecteur tourne, seul sur l'étendue, à l'horizon. Pas d'écran ; juste l'image d'une image privée de matérialité s'écoule sans réceptacle. Jetée avant, évacuée, dématérialisée.

« les vagues » de V. Woolf, était initialement intitulé « les éphémères » : personnages qui se dissolvent sur un arrière plan de fluidité marine dans l'impassibilité de l'univers.

Il y a dans ce face à face qui est la projection d'une « projection du réel » dans le réel une sorte d'inadéquation contrainte dans la recherche par des moyens sérieux de territoires situés dans un avant langage. La double menace d'impossibilité dont parle P. Bergounioux à propos de la littérature. L'espèce de commotion d'arc électrique détermine un espace de contact où, dans la contradiction maintenue, l'image et la littérature tirent leur force. Velázquez à la fin de sa vie ne peignait plus les choses définies nous dit Godard, il peignait entre les choses.Il ne faudrait pas décrire les gens mais ce qu'il y a entre eux. C'est que le phénomène ( Merleau-Ponty) apparaît dans le croisement comme, dans les phares d'une voiture, le lapin dont la cornée réfléchit l'inadéquation de leur couple.

La vie écran, c'est l'information mais vite Susceptible de recoupements précis, Qui cherche une proximité envisageable. On peut se promener dans les rues. Quelques fois on bute quand même sur le silence. (*Exercice oulipien sur un morceau de F. Bon)

PS: Comme j'y trouve une saveur similaire, je propose ce lien vers l'émouvant Baudrillard de Virginie Luc.