Dans toute l'exposition à la galerie Frédéric Lacroix se mêlent à vrai dire les aventures de formes, les assemblages de matériaux, de textures, et les aventures de sens, les glissements : une double poétique esthétique et langagière.
Comme une couleur n'existe jamais que dans son rapport aux autres couleurs, les objets de Pierre Tectin s'imposent souvent comme des combinaisons de formes et de matériaux, d'univers aussi, appariés sous la pression des pulsions internes, des contradictions de l'objet même. Les usuels et les fétiches font tout un univers de tournures et configurations depuis toujours ainsi. C'est ainsi que les réalités se tressent. D'une manière semble-t-il élective, fond et forme viennent l'un à l'autre en une même poétique. Car les formes sont les manières qu'ont les objets de se dire.
Les bricolages de Pierre Tectin ont cette géométrie qui participe des formes de la vie, une imaginaire biomorphique qui vise moins à une épure, une simplification, qu'à une construction flexible, souple, mobile, qui peut intégrer le hiératisme primitif comme les courbes ergonomiques du design actuel tout en échappant à toute fonctionnalité. Formes critiques qui se déploient en discontinuité dans l'espace de la galerie, petites formes discrètes qui évitent l'emphase du sublime évoquant plutôt le bibelot sentimental, le petit culte commun des objets, ses quelques vanités. Constellation critique et poétique, amusée et sensuelle que nous avons coutume de dire : un monde.
Pendues sur un clou par de pauvres ficelles, petites portes émaillées dites petites mortes par dyslexie.
Pierre Tectin, muri muri. Galerie Frédéric Lacroix 13, rue Chapon -- Paris