Bordeaux, escale.
Je l'ai marchée par ses rues jusqu'à ce qu'elle me devienne familière. Non pas toute, mais je pouvais m'y laisser perdre et me retrouver. Comme on fait la planche le dos sur la houle. Avec ce temps sans usage, l'absence de destination, l'entonnoir des rues comme d'un bateau le pont incertain, basculé légèrement.

Le peu que vous croisez de personnes , elles vous sont absolument différentes : installées dans leurs gestes, leur laisser-aller en terrasse le soir, elles adhèrent différemment la ville. Vous, vous n'êtes installés nulle part.

Soirs d'été quand la fête plus loin échappe ses murmures indistincts et que ce pourrait être une langue que vous ne comprenez pas. Vous constatez cela être, comme à travers un rêve.

Légère euphorie de liberté, peut-être un peu d'orgueil, mêlée de mélancolie et de vague-à-l'âme. Quelque chose en moi d'un chien prenant goût pour sa déshérence.