Comme les choses existent à la faveur de ce qu'on les investi, on aime profondément une allumette que l'on s'abîme les yeux à voir brûler, on s'y retrouve par empathie. La jeune et fringante tête rouge poursuit en accéléré la fatigue incandescente qui fera d'elle une vieille rabougrie et sombre. Par leur singularité chacune face au même phénomène elles acquièrent une certaine orgueilleuse et émouvante personnalité. Pour peu qu'une agonise dans d'interminables volutes de fumée et c'est le sublime qu'elle révèle.
Alors que le ton semble donnée par ces minuscules faits divers, Fan Zhe, et je ne saurai dire si c'est bien venu, tourne presque à la parodie les grandes pyrotechnies, les spectacles et les chorégraphies avec diverses variantes de mini bûchers où les allumettes cette fois-ci brûlent collectivement et s'éteignent en des fleurs noires. Alors que précédemment le monumental régnait dans le détail, ces fantaisies à l'inverse miniaturisent les grands ballets. On passe du touchant et de la délicatesse au mignon. jusqu'au 28 janvier exposition 'Fragile' à La Générale.