Il est des espaces de diverses natures tel celui, qui loge en notre boîte crânienne via la faculté d'imagination ou celui dans lequel le corps qui prolonge cette tête se meut et qui en constitue son milieu. Celui que nos sens nous permettent d'appréhender, celui dit « mental » où s'ébattent nos pensées et siègent nos conceptions, celui encore qui figure de manière illusionniste, par la perspective, le monde qu'il nous est désormais donné de saisir. Jusqu'à celui que nous modélisons par calcul, à l'espace vaste de l'Internet. L'espace est relatif et tributaire dans sa représentation de la conception qu'on en a et qui, bien souvent, en détermine déjà la perception que l'on en aura. (cf. L'invention du paysage par A.Cauquelin).
A la suite de Platon, Kant et Schopenhauer, il nous a fallu conclure que le monde existait par deux fois : dans les choses et dans l'esprit. Comme l'écrit P. Bergounioux, « il porte sous sa seconde modalité le triste sceau de notre condition » et nous apparaît dès lors comme une version exiguë faisant office de. Le monde comme représentation, donc (via l'espace et le temps). Un monde relatif à l'idée que l'on s'en fait, qu'il nous est permis de nous en faire. Le monde pour un poisson est humide et vaste et devient sec un peu avant la mort.
L'espace, Schopenhauer dit de lui qu'il n'est rien de plus que la propriété par laquelle les parties de l'étendue se déterminent réciproquement, c'est la situation. Voilà.