Sans-titre
C'est un film qui n'a pas vraiment de début ni de fin, pas de trame narrative, ni d'effets de caméra, un film très simple, naïf. Et c'est peut être pour ça que je ne lui ai pas trouvé de titre, je ne voulais le raccrocher à rien, que ce soit quelque chose qui n'essaie pas d'être quelque chose. Pas de démonstration ni de revendication. Certainement assez contemplatif -certaines séquences sont même hypnotiques- mais après que l'œil ait joué avec, il s'occupe d'un autre aspect du travelling, que ce soient les choses qui glissent hors champ et que l'œil tente de retenir ou cette immobilité dans le mouvement quand une voiture roule à la même vitesse que vous, puis que vous la perdez. Il y a des irruptions, des moments flous, des routes qui passent. Il y a cette désinvolture. J'ai pris ces images durant un trajet entre Madrid et Tolède sur les traces de Greco. Caméra collée à la vitre. Je pensais à Don Quichotte, les paysages de la Mancha, tout cela influençais mon regard comme les romans de chevalerie dessinaient pour lui par dessus ces pleines des géants, des aventures. Il est en noir et blanc pour insister sur cet aspect graphique des étendues sèches, de l'équipement humain là dessus, sur son statut non documentaire. Il dure 4 minutes 23.