La fatigue me tient de près. Quatre nuits passés ici avant de conclure partiellement demain avec cet oral à 7h30. Tram 6h30. Que cela finisse.
J'ai acquis le Malte Laurids Brigge de Rilke chez Mollat , librairie énorme à l'échelle des Ombres Blanches à Toulouse. J'ai pensé y trouver une réponse à ce sentiment de présence que pointait F.B. En fait j'y trouve la question.
Le campus s'étend et dispose entre les arbres et pelouses des bâtiments de ciment usé dont beaucoup font penser à la reconstruction soviétique après guerre. J'ai vu la vie des autres au cinéma, film de sentiments comme d'autres sont d'images ou de sensations. La chute du mur, le communisme, j'y pense pour ça. Les bâtiments sont fades, souvent délabrés, on ne peut y imaginer que des individus rassis et ternes, une poignée seulement dans ces coques vides dont les couloirs s'étirent comme un désert. J'y retrouve sans doute ma question de la présence. Et cette mélancolie.
Les pieds sur les pavés vous vous abandonnez et tout est debout autour de vous et vous regarde transparent. Dans la ruelle animée tout se continue avec la même indifférence, rien n'existe d'autre que la grande solitude que vous avez faite autour, laquelle n'est pas proportionnelle au volume géométrique de votre sentimentalité.
Kebab ce soir comme hier à la Cappadoce. Le geste est précis, chorégraphique, autant d'amour pour chacun dosé, roulé, délicatement. J'ai posé des pas un peu et terminé sur la marche égarée d'un seuil, sa pénombre retirée. J'avance lentement Rilke, avançais mieux dans les pages serrées de Céline. Ce livre est comme un miroir dont les fragments reflètent une réalité dérangée, hallucinée. Je lui préfère je crois Nerval.
Consulté mes emails, fil ténu en tous les lieux quand mon téléphone capricieux n'est qu'une boîte retournée sur elle-même. Combien de fois ce message reçu tard me proposant de m'en offrir un nouveau. Le flip book annoncé en parution officielle pour novembre, contrat à signer. Le livre de Linda, notre combat, auquel j'ai participé par une page avec Yann devrait sortir à la rentrée octobre au Seuil. J'en suis curieux. Curieux aussi de la revue Semaines pour mi juillet, j'espère que cette fois mes articles pourront être appariés de photos. Le journal des beaux-arts sortira finalement en septembre au lieu de fin juin. Attend nouvelles de F.B. pour le livre. Le reste, des spam.