Avec l'espièglerie, l'encyclopédie et le radeau
L'enfant nous raconte sa pensée : « Dit moi un mot qui a de la force. --Le vent . --Pourquoi il a de la force « le vent » ? --Parce qu'il va vite . » « Et dis moi où il est le rêve quand tu rêves. --Pendant qu'on ne dort pas il est dans notre tête. Pendant qu'on dort il sort... il va contre le mur. »

C'est qu'effectivement les choses ne sont jamais moins qu'à la fois en la bouche qui les dit, là où on les voit, et là où on les a vu qu'on s'en souvient, un peu. Quelque soit l'écran. Le réel si on voulait en rendre compte, s'en faire une représentation, serait compliqué de toutes les approches valides mais une à une partielles qu'on en a. Il n'en finirait pas d'appeler ce qu'il est capable en chacun de ses points d'appeler en nous. Ce que par nos désirs nous mettons en lui. Les caprices aussi.

Le soleil sais qu'il est le soleil comme nous savons comment on s'appelle. Il a le mot qui le désigne en lui. Comme nous l'avons en nous. Le lac non. Le lac a son nom dessus parce que dedans il y a l'eau. C'est ce que nous en savons à 6/7 ans et c'est déjà bien assez pour déduire le reste de nos expériences simples : Le soleil est vivant parce qu'il avance. Sans doute c'est le vent qui le pousse. Et les problèmes qui s'imposent : de savoir si la feuille « morte » poussée par le vent, de bouger n'en est-elle pas vivante un peu encore.

Avec l'espièglerie cultivée dont il aime combler les interstices, Georges Perec dans 'un homme qui dort' croisait Leibniz et le pétillant à travers l'image d'un lit qui, contenant tout le nécessaire à une vie horizontale et recluse, était naturellement baptisé « lit-monade ».

Le monde que l'on convoque a les mêmes malices, pour une histoire qu'on rêve on met le lit à l'eau, quelques bananes pour la route, les haricots parce que ça se plante, qu'on en a des caisses de secs, ou pour la forme, l'allure bonhomme. Le drapeau indéterminé de nos conquêtes à faire, à la couleur du large qu'on a pris. Nos formules et nos impulsions, ce qui nous détermine ou fait le ductile de notre trajectoire. Considérer peut-être que l'on est à l'aplomb d'une vigilance énorme. Tout le matériel qu'on épèle comme les souvenirs de ces encyclopédies que l'on copie et compulse en abîme. Plus quelques incohérences. Quelques inconséquences.

« vas-y, vise les couilles. »

Exposition Gilles Barbier à la galerie Vallois Du 19 Janvier au 25 Février 2007.