C'est raconter des histoires
Il arrive des moments où l'ouvrage auquel on s'obstine de trop près et comme à la lorgnette se donne un peu mieux à voir, à la manière d'un bloc qui se défait d'un glacier. C'est un zoom arrière, comme de brancher la prise et que tous les détails du travail prennent raison en illuminant d'un coup un grand pan. une félicité. L'exposition ou son approche mènent un peu à ça, il s'agit de donner leur place aux morceaux d'un puzzle que l'on travaillait jusqu'ici pièce à pièce, envisageant un tout qui ne se donnait pas encore à voir. On se propose des choses, on ose, « je fais ou je fais pas, et si je fais ça nous emmène où ? », tisse des liens et organise des chambres d'échos, monte des histoires dans des formes spéciales. Les choses que l'on faisait sans savoir et un peu à coté s'agrègent par sympathie, s'emboîtent. Et ce qu'on fait devient une œuvre précisément quand ça prend place au sein d'une histoire, que les choses s'étirent en amont et en aval du point où elles se donnent. On écrit sa vie aux cotés de son œuvre à la lueur d'un passé et au contact d'un milieu par ce qu'on place au delà. Sous bien des aspects ça a à voir avec une mise en perspective qui ne chercherait pas à conclure mais se maintenir en tant que tel. Les issues sont confuses, voire hors de propos, mais la route attire entant que route.